Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Méditation - Page 12

  • L'intimité de la semaine sainte

    L'intimité de la semaine sainte

     

    Pain et cruche.jpgToutes nos eucharisties sont des mémoires de cette cène unique présidée par le Christ en ce jour-là, quand pour la première fois il a partagé le pain et le vin. Les deux jours qui ont suivi, il n’y a encore eu aucune reproduction de cette fraction du pain. Quant au lavement des pieds, il s’agit d’une démarche familière, et Jésus n’a pas demandé de la répéter.

    Arrivé, le matin de Pâque, Jésus, devant les femmes, n’était pas encore remonté vers le Père, il ne savait pas s’attarder. Mais plus tard, dans la journée ( !), il s’est attardé avec les disciples d’Emmaüs. Ce soir-là, ce fut la première répétition de la fraction du pain.

    Comment trouver des gestes, aujourd'hui, qui ravivent en nous ces instants inoubliables et familiers qui ont été posés une fois pour toutes et pour tous les hommes de la terre ?

    Celui qui le désirerait pourrait vivre cette semaine dans le recueillement et l'intimité.

    La pensée pourrait d’abord s’orienter vers une seule messe du jeudi-saint sur la terre. Pour que cela nous rappelle que tout provient d’un geste posé une seule fois pour toutes, ce serait ce jour-là une seule messe célébrée sur terre pour toute la terre. On se tournerait vers le successeur de Pierre parce que Jean l’orthodoxe, a laissé passer Pierre le premier dans le tombeau.

    Le vendredi, il n’y a déjà pas d’eucharistie, il pourrait également se passer sans communier, toujours pour se reporter en esprit aux jours passés par Jésus.

    Le samedi saint, le jour sans, se déroulerait entièrement dans l’attente du lendemain, comme ont fait les femmes, qui préparaient les onguents pour être prêtes pour le lendemain.

    Enfin, le dimanche au matin, toujours comme les femmes, on se rendrait à l’église très tôt pour fêter d’abord les retrouvailles du Père et du Fils. Ainsi le souvenir de la résurrection commencerait par ce splendide psaume 138 qui a suggéré aux apôtres les retrouvailles de Jésus et de son Père.

    « Ressurexi et adhuc tecum sum ! »

    La fête de Pâques redevient ainsi une fête intime, une communion renouvelée.

    Cette manière de prier réserve et reporte la liesse populaire pour la fête de la Pentecôte, circonstance de la première annonce publique de ce qui s’est passé.

     

  • Relecture du Père Boulat

     

    Révolution égyptienne

    Relecture du Père Boulat

     

    1760903796.jpgJ’ai reçu très aimablement du P. Boulat, jésuite égyptien, sa méditation sur la révolution égyptienne.

    Nous avions déjà fait la connaissance du Père lors de sa lettre ouverte au pape.

    Avec cette méditation que vous pouvez télécharger, voici de bonnes idées pour compléter la réflexion faite dans ce blog et renouveler votre regard sur cette page d’histoire de l’Egypte.

    Ce texte était présenté dans le journal Dimanche Express du 3 avril.

  • Soulèvement spontané et unanime

    Unanimité, égalité, régime de gouvernement, démocratie, alliance, avenir, peuple arabePeuple arabe 

    Il n’y a pas ici d’analyse politique. Celles-ci se trouvent partout. La présente note recherche les éléments d’une dimension religieuse, du rattachement à la réalité suprême.

    Tous en conviennent : le soulèvement du peuple en Tunisie et en Egypte fut spontané et unanime.
    Le peuple a pris conscience qu’il est la source de toute autorité. « C’est pour nous que vous êtes là ! », a-t-on entendu. Ce soulèvement était animé par un sentiment unanime et englobant d’égalité. S’appuyant sur ce sentiment, le peuple voulait non seulement écarter le dictateur, mais encore supprimer le régime dans lequel il voyait corruptions, favoritismes, inégalités et répression. Cet élan s’exprimait en Egypte sur la place Tahrir dans toute sa pureté. Certains ont d’ailleurs exprimé la crainte, s’il quittait la place, de perdre la force d’amour qui se dégageait là. Les peuples tunisien et égyptien ont finalement  réussi à renvoyer deux dictateurs et à réclamer la démocratie, le gouvernement pour et par le peuple. Voilà donc une prise de conscience qui traverse les frontières. Dans ce rassemblement gigantesque, chacun se sentait d’un même cœur, quelques soient les différences d’origine, de pays, de religion, de sexe,  de situation sociale.

    Mais le peuple va-t-il réussir à faire évoluer le régime, le changer, mettre à la tête de nouveaux responsables sans perdre la pureté de l’unanimité qui, dans ces moments privilégiés, s’est manifestée. Car, une fois le principe du changement acquis, il faudra à nouveau organiser la société, lui donner de nouvelles structures qui ne seront pas à l’abri de corruptions, relancer le commerce, rétablir toutes les diversités qui permettent la vie en société.

    Il faudra à nouveau déléguer les pouvoirs à des personnalités sans que cette délégation ne supprime l’attachement viscéral au sentiment d’origine. Mais ces personnes seront également soumises à des pressions. Vont-elles y résister ?

    Et enfin, quand, pour faire fonctionner la démocratie, ils auront créé des partis qui auront nécessairement des visées différentes sur l’organisation de la société, où vont-ils retrouver ce sentiment d’égalité qui traverse les frontières ? Où faudra-t-il se rassembler pour retrouver cette source d’énergie commune ? Faudra-t-il baptiser une place « place Tahrir » sans les pays qui ont réussi leur révolution pour assurer la permanence su sentiment spontané source de liberté  et d’égalité ?

    Cette question nous amène à chercher d’où vient cette conviction d’égalité. D’où venait ce sentiment plus fort que chaque individualité et qui donne ainsi à un très grand nombre le sentiment d’appartenir à un seul peuple, et même qui traverse les frontières ? Car cette impulsion surplombe le peuple, elle surplombe chacun de ses membres pour leur donner l’envie et l’énergie de l’unité. Quelle est donc cette énergie collective, impersonnelle mais qui mobilise les personnes sans froisser la liberté et la lucidité de ceux qui s’y laissent entraîner ?

     Est-ce une illusion ? Une impulsion de l’énergie cosmique ?
    “Dieu est grand, il est avec nous !”, a-t-on entendu.
    Une poussée naturelle de « l’âme du monde » ?
    Chacun choisira, car c'est librement qu'on doit rencontrer cette réalité, et le chemin par lequel on se dirige personnellement vers elle.
    Mais c’est un fait que cette réalité est unique quelque soit la formulation que l’on en donne.

    Mais je voudrais maintenant méditer sur ce qu’en pense un chrétien.
    Pour le chrétien, ce sentiment, qui mobilise les personnes sans les contraindre est évidemment une impulsion qui provient de l’Esprit. On peut répéter la phrase « Vous êtes là pour nous » en la  reformulant. Elle devient : « Vous n’auriez sur nous aucun pouvoir s’il ne vous était délégué de la source d’énergie commune à tout homme. » Ou même : « Vous n’auriez sur nous aucun pouvoir s’il ne vous était donné d’en haut. » Elle ressemble alors à une phrase de Jésus.

    Non, ce n’est pas une illusion, c’est une invitation, c’est l’indice d’une présence enveloppante mais non contraignante. Elle nous fait immanquablement penser à cette autre promesse faite au peuple choisi, à l’intention du monde entier : « Il n’auront plus besoin de s’enseigner les uns les autres, car tous auront la connaissance de Yahvé » prophétie que l’on pourrait formuler : « Ils n’auront plus besoin de s’encadrer les uns les autres car tous auront l’esprit de Yahvé. ».

    Voilà bien l’envie de cette alliance nouvelle qui se manifeste spontanément au cœur des hommes. Mais celle-ci n’est pas accessible dans notre génération. On peut la recevoir mais on ne peut pas la posséder. Tout au plus pouvons-nous marcher vers elle en espérant qu’elle reste avec nous. Elle est une promesse pour un monde ultérieur, un monde nouveau. Cette impulsion nous laisse tout notre liberté et la tâche d’organiser nos pays pour rechercher cette perfection qui nous fera vivre en paix.