05.06.2008
Soirée 7 : L’Incarnation, un enjeu pour l’humanité
La rencontre du Christ en chair et en os fait surgir quelques paradoxes. Il est dans ce monde mais pas de ce monde. Il accepte les servitudes de la vie sur terre mais en même temps est capable de maîtriser la nature au point de guérir des malades. Il demande de quitter tout pour le suivre, ce qui signifie entraîner tousl es hommes pour entrer au Royaume. De là naît l’utopie évangélique : le but est inaccessible aux seules forces humaines, mais trace néanmoins un chemin à suivre.
La réflexion sur cette rencontre permet de percevoir une dimension d’universalité et d’égalité entre les personnes, la considération pour chacun, la priorité de la morale sur l’efficacité. Du coup, la conception de l’humanisme s’en trouve modifiée. Elle fait appel à l’initiative autant qu’à la réciprocité. Elle prône la pratique de la solidarité au lieu du chacun pour soi. Elle recherche le respect de la dignité de tout homme au lieu de son instrumentalisation.
Celui qui veut appliquer cette prise de conscience, sera amené à pratiquer une maîtrise de soi pour avoir le courage de prendre des responsabilités et la liberté de se décider sans se laisser influencer par les influences extérieures.
Finalement, les projets élaborés par ceux qui ont fait cette rencontre du Christ incarné, tiendront compte de la dimension collective de la vie en société. De là s’en suit la participation aux débats qui président à l’organisation de la vie sur la terre, et l’audace pour y présenter ses opinions.
Voilà comment, la personne fascinée par l’Incarnation, va se mettre à rechercher avec acharnement dans ce monde un résultat qui n’est pas de ce monde. C’est la conclusion de ce parcours de la foi. Pour l’illustrer par un exemple actuel, voici une prière de l’abbé Pierre.
« Enseigne-nous cette vérité, apprends-nous à la connaître, en faire la hase de notre éducation.
Dieu fait homme, toi qui t’es battu contre le mal, Toi qui nous as rendu capables de connaître et d’aimer,
enseigne-nous la colère contre le mal, transforme notre irascibilité en énergie, pour que nous nous battions contre la misère, contre tout ce qui empêche l’homme d’être humain.
Apprends-nous à ne pas nous contenter de discourir sur la justice.
O Dieu, donne-nous ton Esprit de force, afin que nous nous mobilisions contre la misère au lieu de nous battre contre nos frères. Et que nous nous dressions contre l’ignoble exploitation des faibles par les forts.
Seigneur, nous le savons, cela coûte cher en temps, en intelligence et en argent, de sauver de la misère les sans-logis, et les sans-pain, et les sans-école, les sans-soins et les sans-emploi. Mais combien coûtent les guerres.
Enseigne-nous, Seigneur, à dépenser l’argent, l’ingéniosité, la passion non plus pour nous entretuer
- hommes et femmes, enfants et vieillards - mais pour qu’enfin, sur le visage de tous les hommes, resplendisse ton visage.
Avec toi, Seigneur, nous déclarons la guerre, la guerre des colères de l’Amour. »
11:13 Publié dans Soirée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : incarnation, humanisme, ascèse, pratique
28.04.2008
Soirée 6 : Le corps humain chemin de Dieu
Chemin de Dieu vers l’homme
Le Christ est venu vivre grandir, parler, travailler, soigner.
Il bénit ses apôtres qui sont parmi nous un rappel de sa présence dans ce monde. Par les sacrements, ils répètent les gestes de bénédiction que Jésus a fait sur terre.
Chemin de l’homme vers Dieu
Le corps est fait pour la vie, Dieu n’a pas donné la vie pour la reprendre.
Par ses membres le corps est une représentation concrète de notre vie intérieure :
cœur et yeux, pour voir et aimer,
langue et oreilles, pour écouter et parler,
mains et pieds, pour visiter et soigner.
Le corps est aussi le lieu de l’amour et de la famille : pour participer ainsi au projet de Dieu qui à fait le monde pour donner la vie à une multitude d’enfants.
Le corps, dans le mouvement de l’Esprit, est l’outil le plus approprié pour nous introduire dans la vie en société, en communauté. En voici une brève évocation des virtualités du corps qui nous rassemblent :
la discipline : escalade, athlétisme, apprentissage… pour développer ses talents et pouvoir servir,
le travail : pour produire les biens et services nécessaires à la vie des hommes, pour nourrir les siens,
l’art : danse, vitrail, calligraphie, musique : pour entrer en contemplation et la faire partager.
En résumé, le corps est temple de l’Esprit, et il est ainsi lieu de naissance, point de départ, chemin pour passer un jour de la vie dans la chair à la vie de l’Esprit.
La séance s’est ouverte sur un tableau de Macha Chmakoff, artiste contemporaine qui a choisi d’illustrer des scènes de la Bible. Voici une citation d’elle et les adresses où vous pouvez retrouver ses œuvres.
"La peinture, à condition qu'elle résiste à la tentation de l'anecdotique et du spectaculaire, peut entraîner le spectateur au-delà de la surface de la toile pour le mettre en contact avec l'intime du mystère ... comme si la toile absorbait en sa surface colorée notre extériorité pour nous permettre de nous rendre un instant au point aveugle de nous-mêmes, là où, irrémédiablement, une parcelle de divin s'est inscrite." (M. Chmakoff)
Présentation de l’artiste : http://arts-cultures.cef.fr/artists/chmakoff/mchmap1.htm
Ses œuvres : http://www.chmakoff.com/
06:21 Publié dans Soirée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : esprit, création, homme, femme
05.03.2008
Soirée 5 : Dieu naît en l’homme
La venue de Jésus sur la terre nous ouvre les yeux sur le chemin à suivre pour nous approcher de Dieu, notre vie peut être un chemin spirituel. En reprenant les particularités que l’Incarnation nous apprend sur Dieu, nous pouvons découvrir les attitudes concrètes qui nous conduisent à Lui.
1. Un Dieu qui prend chair nous suggère que notre vie est une traversée, puis une transfiguration, puis une unification. Notre existence est un chemin de vie.
2. Le Dieu de l’amour trinitaire nous indique que notre vie humaine nous conduit à devenir enfant de Dieu. La vie est un chemin de filiation.
3. Un Dieu qui se perd et a besoin des hommes nous pousse à accepter d’avoir besoin des autres et de dépendre d’eux. La vie est un chemin en partie de dépendance, de dépossession. (démaîtrise !)
4. Le Dieu qui s’expose à la liberté de l’homme pour être reconnu nous invite à consacrer de notre temps à présenter la parole, à enseigner les autres. La rencontre de Jésus est un chemin d’implication.
5. Le Dieu qui fonde la dignité humaine parce qu’il embrasse notre condition nous amène à respecter les autres et à les aider. La recherche de Dieu est un chemin d’altérité, de vie avec les autres.
Le fil conducteur qui relie la découverte de ces attitudes est très simple. Par contre, les exemples donnés pour les illustrer sont bien loin de notre vie quotidienne. Maître Eckhart, Silesius, Seraphim de Sarov, le patriarche de Constantinople sont loin d’avoir une vie comme la nôtre.
Leur exemple nous rappelle cependant que la lecture confiante de l’Ecriture éclaire la vie quotidienne en la dévoilant comme une imitation de Jésus et une marche vers le Royaume.
En finale, la soirée nous invite à rechercher une spiritualité incarnée par l’intermédiaire d’une prière franciscaine.
16:38 Publié dans Soirée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecriture sainte, vie quotidienne
26.01.2008
Soirée 4 : Un Dieu qui prend le parti de l’homme
Le propos de cette soirée est de compléter l’affirmation décrite précédemment :
Tout commence par l’amour trinitaire et la primauté donnée au Fils en tout. Cette phrase résume les précédentes rencontres et nous conduit à développer quelques aspects de la descente de Jésus sur la terre que l’on désigne souvent par « Kénose ».
La kénose est une notion de théologie chrétienne exprimée par un mot grec provenant de l'épître de Saint Paul aux Philippiens (Ph 2,7).
Philippiens 2, 6 Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme, il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix!
La kénose désigne le mouvement d'abaissement, d’anéantissement par lequel Jésus Christ «se vida» de ses attributs divins pour rejoindre notre humanité jusqu'à vivre l'obéissance de la foi nue et la mort sur la croix. Cet abaissement est aussi illustré dans l’épisode du lavement des pieds.
Jésus prend chair : Il prend la condition humaine avec toutes ses servitudes et par là il devient semblable à l’homme. Réciproquement il donne à l’homme la possibilité et l’audace de s’approcher de Dieu, de le rencontrer, de lui parler.
Dieu a besoin des hommes : Il dépend de la liberté de l’homme pour être accueilli sur terre, pour être reconnu, pour que son message soit transmis à toute la terre.
Quelques textes poétiques viennent alors appuyer par leur pouvoir suggestif la compréhension de ces affirmations qui font partie de notre foi.
08:47 Publié dans Soirée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.12.2007
Soirée 3 : « Et le Verbe s’est fait chair »
Le prologue de Jean arriver à condenser en quelques lignes toute l’histoire du peuple élu depuis la création, et même avant, jusqu’à la vie de Jésus. Celle-ci est résumée par les mots « il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. » Le texte donne l’impression de parler d’un vivant.
Le Christ est donc présenté d’emblée comme surplombant toute la réalité de notre monde par sa présence dès l’origine. Ainsi l’incarnation, citée par ces mots « Et le Verbe s’est fait chair » suggère qu’il s’agit bien de la visite de Celui par qui et pour qui le monde a été fait.
La conclusion de la lecture des évangiles peut se récapituler en trois points :
la pierre angulaire de la foi est la résurrection
la vie de Jésus a été écrite en fonction de sa résurrection
les récits de l’enfance ont été écrits longtemps après le départ du Christ
Le résumé de la foi des apôtres est inscrit dans le « symbole des apôtres ».
Le parcours de foi propose ici, pour revivifier le « Credo », de le relire à l’envers, cet ordre étant plus proche de la démarche de l’homme d’aujourd'hui qui cherche Dieu.
Avec cet éclairage, on en arrive à voir quels sont les enjeux de l’Incarnation et sur quelles bases on peut les découvrir.
Au commencement était l’Amour trinitaire. L’Homme-Dieu a la primauté dans la création. En tournant son intelligence vers cette vision de Dieu, l’homme peut et doit se convertir à sa condition d’enfant de Dieu.
La crèche d’Alfera, montrée en médaillon, provient du site de l’artiste. Elle représente comment, pour le peintre, le germe de l’Homme-Dieu s’insère dans la totalité de la création.
13:47 Publié dans Soirée | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.12.2007
Soirée 2 : Que disent les Ecritures
Les textes de Matthieu et de Luc sur la Nativité diffèrent sensiblement.
Matthieu raconte l’annonce à Joseph, la visite des mages, la fuite en Egypte. Luc raconte l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste, l’annonce faite à Marie, la naissance et la circoncision de Jean-Baptiste, la naissance et la circoncision de Jésus. Du point de vue historique, ces événements sont difficilement réconciliables : Hérode est mort en l’an - 4, et le recensement dont nous avons l’écho est de l’an + 6 !!
Ce ne sont donc pas des récits historiques mais des récits didactiques destinés à faire comprendre quelle est la personnalité de cet homme que les apôtres ont rencontré.
Tout cela a d’ailleurs été écrit après la résurrection. Chaque communauté trouve dans ces récits les explications permettant de cerner la personne de Jésus. Matthieu montre que Jésus est bien le Messie annoncé par les prophètes. Luc montre qu’il est bien le Sauveur de tous les hommes.
Dans sa généalogie, Matthieu montre que Jésus est bien fils d’Abraham, un enfant du peuple juif. Luc montre que Jésus est fils d’Abraham, et donc juif, et aussi fils d’Adam : un homme parmi les hommes.
Les évangiles de l’enfance sont des récits construits par des rédacteurs n’ayant pas connu l’événement. Ils inscrivent dans le récit de l’enfance ce que l’on croit de Jésus d’après la vie qu’il a eue.
Finalement, ces textes ne donnent ni définition, ni affirmation péremptoire de la divinité de Jésus, mais ils s’adressent au lecteur qui doit lui-même se décider à accueillir Jésus comme Fils de Dieu. L’homme moderne avec toute sa science et ses exégèses n’a pas plus d’éléments que Pierre, Jacques et Jean pour se décider. Il doit croire ce que les apôtres ont cru parce que ceux-ci ont cru.
10:14 Publié dans Soirée | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
19.11.2007
Nativité en tableaux
Première soirée : La Nativité en tableaux
Le mardi 9 octobre à Rocourt a eu lieu la première soirée de la série.
Au début de cette rencontre, les animateurs ont tenu à rappeler que cette succession de réunions a pour objectifs d’approcher le mystère de l’Incarnation et de l’aborder sous divers angles.
La première démarche fut de proposer diverses toiles de peintres inspirés par la Nativité. Pour examiner avec attention et de manière comparables ces œuvres, il fut suggéré de les aborder suivant le schéma : observer la scène, confronter la scène avec le titre et le récit, interpréter les éléments mis en valeur. Les œuvres présentées furent successivement.
Le Dénombrement de Bethléem, de P. Bruegel l’ancien (± 1550);
L’Adoration des bergers, de Georges de La Tour (± 1650);
L’Adoration des rois mages, de Fra Angelico (± 1450);
L’icône de la nativité du monastère, de Bosé ( ?);
Le Retable d’Issenheim, de Grünewald (±1500) ;
La Madone au Messie, d’Arcabas ( récent);
L’Evangile de Noêl, fresque de Françoise Burtz (récent);
La Crèche, d’Alfera (récent).
Chaque artiste a représenté un moment, un aspect de l’événement en rapport avec l’Incarnation. Il y a mis ce qui a attiré son attention. Les titres des oeuvres mettent bien en évidence la diversité des sujets traités. En collectant les éléments qui ont été ainsi mis en valeur, on aboutit à une liste de caractéristiques qui devraient, dans une première approche, décrire le mystère qui va nous occuper pour ces sept réunions.
Retenons en deux. L’événement de la nativité a une portée universelle. D’abord il interpelle tout le monde, de n’importe quel siècle, de n’importe quel pays et de n’importe quelle profession. Ensuite il est inséparable de la passion et de la mort de Jésus.
14:40 Publié dans Soirée | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

