21.05.2009

L'action de l'Esprit

ES médaille arc.jpgL’action de l’Esprit-Saint

 

Comment l’Esprit peut-il ressusciter les corps sinon parce qu’il les a lui-même conçus ?

Cette idée toute simple n’a pas échappé aux chrétiens. Ainsi dès le début ils ont fait réciter le jour de la Pentecôte le psaume 103 qui raconte les merveilles de la création. Pour les anciens, cela allait de soi que l’univers soit l’œuvre de Dieu. Il suffisait d’ouvrir les yeux pour le constater et il n’était pas nécessaire de l’exprimer dans le Credo.

Nous savons maintenant que cela ne va pas de soi. Il n’y a pas de preuve, dans les connaissances de l’univers, d’une origine divine ou d’une destination vers un au delà, vers un autre monde. Il n’y a pas de finalité inscrite dans les lois observées par la science.

Cette situation est tout à fait normale. Le monde a été fait de telle manière que l’homme ne puisse reconnaître Dieu que par une démarche personnelle et pas par une connaissance scientifique. Cette dernière n’est pas en mesure de dire que le monde est fait par Dieu. Elle est par contre la même pour tous, croyant, ou incroyant,  et l’effort pour la découvrir et maîtriser la terre est le même pour tous. Aussi précise soit-elle, elle n’enlève pas la liberté de l’homme. Au contraire, elle la ménage et la respecte. Si le savant découvre les forces nucléaires et veut les maîtriser, il doit décider s’il en fait des bombes ou des centrales et quel soin il va mettre à enterrer ses déchets. Si bien que c’est librement que l’homme donne un sens à ses entreprises et l’on ne reconnaît Dieu que par une démarche personnelle.

Il est donc compréhensible que le croyant cherche à redire dans le credo, l’origine divine de l’univers, non pas comme une vérité scientifique, mais comme une révélation, une vérité de foi : pour le croyant, la loi de l’univers que Dieu nous donne a été agencée par l’Esprit-Saint. Si, ne le disant pas, on se contente de penser que l’Esprit n’est donné que dans l’Eglise, on se fait une idée fort diminuée de la présence de l’Esprit. dans la création.

Cette affirmation n’enlève rien à la toute-puissance du Père, au contraire. Comme l’Esprit anime l’église que Jésus-Christ a fondée, il anime l’univers que le Père a créé pour qu’il soit bien le berceau du Royaume. De même qu’il est la loi d’amour de la nouvelle alliance, de lui aussi dérive la loi de l’univers qui, culminant dans le corps de l’homme et de la femme, pousse tout enfant de Dieu à l’amour. Cette loi est la présence spontanée de l’Esprit, c’est la lumière et la chaleur que Dieu fait resplendir pour tous les hommes.

La Pentecôte, quant à elle, est la présence de l’Esprit donné à ceux qui croient en Jésus-Christ. C’est la force d’en haut qui donne l’audace de proclamer qu’il est bien le Fils de Dieu. La Pentecôte est le couronnement de la présence de l’Esprit, mais elle n’en épuise pas toutes les virtualités.

Nous pourrions donc préciser le Credo qui est le résumé de ce que croit le chrétien du troisième millénaire.

Je crois en Dieu le Père tout puissant qui a fait le ciel et la terre.
Il donne personnellement la vie à chacun de ses enfants.

Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique Notre Seigneur,
il est né de la vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate,
a été crucifié, est mort et a été enseveli,
est descendu aux enfers,
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux,
est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
d’où il viendra juger les vivants et les morts.

Je crois en L’esprit-Saint,
la loi de l’univers, l’évolution vers le corps de l‘homme;

la sainte église catholique
la communion des saints,
la rémission des péchés,
la résurrection de la chair,
la vie éternelle.

Amen.

Cette petite méditation fait partie d’une réflexion d’ensemble du mystère chrétien décrit dans l’alliance Trinité-Humanité.

13.07.2008

Délivrance et liesse, avant-goût de la vie dans l’Esprit

Délivrance a.jpgIngrid Betancourt, à sa sortie de la jungle, est descendue de l’avion, elle a en premier lieu demandé une prière parce qu’elle est croyante. Elle avait fait courageusement le sacrifice de sa vie pour chercher la concorde pour la Colombie.

 A l’annonce de la libération, deux peuples ont été transportés de joie. Il y avait des français, des colombiens, des gens de gauche, de droite, des comités de soutiens, des artistes. Tous ressentaient la même joie à la bonne nouvelle annoncée.

Cela me rappelle l’effusion de l’esprit quand Pierre a pris la parole à Jérusalem (Act, 2, 5-6), « Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie,… »  tous l’entendaient la bonne nouvelle dans leur propre culture !

Voici encore un exemple où la situation qui se déroule en chair et en os devant nos yeux nous parle d’une réalité spirituelle.

Ce fut de courte durée, les acteurs principaux, hommes de pouvoir, leurs opposants, les journalistes ont vite été repris par la jungle des polémiques. L’euphorie ( et la liberté !)  était passée !

Les enseignements de cet événement peuvent être exprimés en trois points.

  • ’abord cela montre comment agit l’Esprit. La joie d’un peuple arrive toujours par la présence d’une personne qui fait l’unanimité sur sa conduite parce qu’elle respecte tous et chacun. Ainsi de l’Esprit : il rassemblera un peuple avec un chef, il rassemblera l’humanité autour du Christ
  • Ensuite, la joie sans partage, même de courte durée, est là pour nous dire que ceux qui cherchent la liberté et la délivrance l’obtiendront. 
  • Enfin, les polémiques sont là pour nous rappeler que la paix et la concorde ne seront jamais acquises définitivement dans ce monde, que la vie spirituelle ne sera établie durablement que dans l’autre monde là où les démons avec leurs terreurs et leurs polémiques ne peuvent entrer. Dans ce monde-ci, les démons sont toujours là ! Et certains démons ne se chassent que par la prière et le jeune.

Et maintenant que faire : allons vite délivrer un autre prisonnier !!

03.07.2008

Echos d’Incarnation

Chair.jpgCoïncidence peut-être, voici une lecture qui complète la méditation sur l’Incarnation, qui illustre le thème : le corps humain chemin vers Dieu.

J’ai lu le livre « La Profondeur des Sexes » de Fabrice Hadjadj. (Né à Nanterre, Fabrice Hadjadj est professeur de philosophie et de littérature en lycée et écrivain.)

L’auteur prend l’attitude inverse de celle prise couramment. En général, les gouailleurs prennent les mots du langage courant et en font une allusion au sexe, aux étreintes,… tout cela pour faire rire ( !) la galerie, pour se défouler ou pour appuyer une publicité. Ici au contraire on emploie les termes précis du sexe et à travers eux l’auteur fait apparaître des aspects particuliers de la vie spirituelle.  En soi il n’y a rien d’étonnant, puisque c’est Dieu lui-même qui a inventé le sexe et l’a réalisé !

Voici donc un point de vue très intéressant car il nous oblige à un autre regard sur des aspects fondamentaux de la vie. Il est aussi très actuel car l’homme moderne est obnubilé par le sexe (entre autres !).

Il faut, bien entendu, avoir l’œil simple pour ne pas aboutir à cette déception de l’homme moderne qu’exprime si bien ce même Hadjadj : « Tenaillés de nos jours entre le puritanisme et la salacité, nous avons perdu cette candeur - et cette audace » (Panorama chrétien n° 455)

Ce livre déploie une réflexion philosophique sur notre situation d’êtres charnels. Il touche l’Incarnation lorsqu’il cherche à percevoir la proximité de Dieu avec nous par sa naissance du sein de la vierge Marie. Il n‘aboutit pas à l’image de Dieu dont nous avons parlé précédemment, mais il pousse tout au long du livre à modifier notre regard sur la chair humaine. A lire, il complète la méditation sur l'Incarnation.

18.05.2008

L’image de Dieu

580570823.jpgAvez-vous vu l’image de Dieu dont parle la Genèse ?

Dieu est Père et Fils dans un même Esprit.

L’homme et la femme, qui s’aiment à la vie à la mort, deviennent une même chair, nous dit la Bible. Ils forment une image du Dieu Père, Fils dans un seul ESprit. L’expression « à la vie à la mort » permet de situer correctement la portée du mot chair, qui a plusieurs sens. On ne quitte sa chair qu’à la mort et ceux qui deviennent « une seule chair » ne se quittent qu’à la mort.  

Dans toute image de Dieu, les différences de l’image par rapport à Dieu sont plus grandes que les ressemblances. Il nous faut donc les regarder, en voici deux. D’abord, la chair s’use alors que l’Esprit ne s’use pas. Le Père et le Fils sont unis de et pour toute éternité. Ensuite, l’Esprit est une personne qui émane de la rencontre du Père et du Fils alors que la chair précède la rencontre de l’homme et de la femme et est à l’origine de leur amour.

Cette image est présente discrètement dans la famille, les enfants grandissent devant elle. Ils sont de cette unique chair que sont devenus l’homme et la femme qui leur ont donné la vie. Et cette union est pour eux comme un roc, une forteresse, un point d’appui.

Ainsi la chair devient le support d’un esprit de famille et elle est l’image de l’Esprit unique dans lequel vivront un jour tous les enfants auxquels le Père et le Fils auront donné la vie.

Si vous voulez passer du temps - sans patience, vous ne verrez rien - à découvrir les multiples facettes de cette image qui est à la genèse de l’humanité, vous pouvez vous rendre sur le site de l’alliance qui est consacré à cette quête la fois déroutante et fascinante.

Fête de la Sainte Trinité 2008                                                   
Pierre

28.04.2008

Soirée 6 : Le corps humain chemin de Dieu

1145356845.jpgChemin de Dieu vers l’homme

Le Christ est venu vivre grandir, parler, travailler, soigner.
Il bénit ses apôtres qui sont parmi nous un rappel de sa présence dans ce monde. Par les sacrements, ils répètent les gestes de bénédiction que Jésus a fait sur terre.

Chemin de l’homme vers Dieu

Le corps est fait pour la vie, Dieu n’a pas donné la vie pour la reprendre.

Par ses membres le corps est une représentation concrète de notre vie intérieure :

cœur et yeux, pour voir et aimer,                           
langue et oreilles, pour écouter et parler,
mains et pieds, pour visiter et soigner.

Le corps est aussi le lieu de l’amour et de la famille : pour participer ainsi au projet de Dieu qui à fait le monde pour donner la vie à une multitude d’enfants.

Le corps, dans le mouvement de l’Esprit, est l’outil le plus approprié pour nous introduire dans la vie en société, en communauté. En voici une brève évocation des virtualités du corps qui nous rassemblent :

la discipline : escalade, athlétisme, apprentissage… pour développer ses talents et pouvoir servir,

le travail : pour produire les biens et services nécessaires à la vie des hommes, pour nourrir les siens,
l’art : danse, vitrail, calligraphie, musique : pour entrer en contemplation et la faire partager.

En résumé, le corps est temple de l’Esprit, et il est ainsi lieu de naissance, point de départ, chemin pour passer un jour de la vie dans la chair à la vie de l’Esprit.

La séance s’est ouverte sur un tableau de Macha Chmakoff, artiste contemporaine qui a choisi d’illustrer des scènes de la Bible. Voici une citation d’elle et les adresses où vous pouvez retrouver ses œuvres.

"La peinture, à condition qu'elle résiste à la tentation de l'anecdotique et du spectaculaire, peut entraîner le spectateur au-delà de la surface de la toile pour le mettre en contact avec l'intime du mystère ... comme si la toile absorbait en sa surface colorée notre extériorité pour nous permettre de nous rendre un instant au point aveugle de nous-mêmes, là où, irrémédiablement, une parcelle de divin s'est inscrite." (M. Chmakoff)

Présentation de l’artiste : http://arts-cultures.cef.fr/artists/chmakoff/mchmap1.htm

Ses œuvres : http://www.chmakoff.com/

13.04.2008

La belle éolienne

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podcast

                         Musique du chant : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu ».
                         Vous pouvez télécharger la partition.

 

                

En attendant la Pentecôte 2008.

 

 

J’admirais une éolienne. Les longues pales tournaient gracieusement à vingt-cinq mètres de hauteur.

Un rapide calcul indique que le bord des pales tourne à la vitesse d’une voiture en ville, alors que l’axe est fixe. La solidarité entre les pales mobiles et l’axe quasi immobile, assure l’efficacité de l’ensemble. Quiconque s’approche du pied de cette grande hélice perçoit un léger bruissement, signal discret de son fonctionnement. Animée par le vent, elle peut suffire pour procurer la lumière à tous les habitants d’une petite ville.

L’Eglise, me suis-je dit, ressemble à une éolienne dont chaque partie serait constituée de chrétiens, tels des particules vivantes. J’imagine déjà les réclamations que l’on peut entendre au bout des pales : « Il faut avancer … vivre avec son temps, celui qui ne bouge pas recule ! » Les répliques fuseraient des points de l’axe : «  Si les pales tirent encore sans réfléchir, elles finiront par casser. Plus de lumière alors pour la ville. »

Cette comparaison surprenante m’a conduit à placer certains chrétiens bien connus de tous à la place qu’ils me semblent occuper. Aux bouts des pales, il y aurait  par exemple, le père Damien, Mère Teresa, l’abbé Pierre et tous ceux qui se consacrent aux plus déshérités. Au centre on trouverait Jean XXIII, Paul VI, accompagnés de pasteurs et théologiens qui veillent à la transmission intégrale de l’évangile. Entre ces personnages occupés à faire tourner la grande hélice et la marche de l’église au cours de ces dernières années, la ressemblance est frappante. Reprenant mon admiration pour l’éolienne, je me dis : c’est la solidarité des uns et des autres dans la même et unique équipage qui permet de capter le vent de l’Esprit et de le transmettre en un message équilibré pour les hommes de notre temps.

Mais, si l’éolienne est un équipement d’aujourd'hui, l’Eglise date de deux millénaires. Pour voir large, il faut faire un saut d’échelle et se représenter tout le déroulement de l’histoire avec, en son milieu, l’église de Jésus-Christ représentée par une seule et immense éolienne. On peut alors situer les apôtres. O  placerait peut-être saint Paul au bout des pales et au centre saint Pierre, et bien d’autres encore. Ainsi complétée, cette institution séculaire prend toute sa dimension. Installée au milieu de l’histoire humaine, après le passage du Fils de l’Homme, elle capte l’esprit qui vient du commencement du monde. A ce moment, le Père voulait remplir la terre de ses enfants et avait inventé l’homme et la femme. De ce vent des origines, l’éolienne dressée par le Fils en fait un évangile de lumière éclairant la destination de la communauté humaine. Elle annonce le Royaume à tous les enfants des hommes qui remplissent maintenant la terre.

Aujourd'hui, le vent  des origines souffle toujours. La terre se remplit encore de nombreux enfants. L’éolienne, ses pales légèrement ébréchées par quelques secousses qu’on n’a pu éviter, n’a pas cessé de tourner et d’éclairer l’issue de l’aventure humaine en pointant la destination des béatitudes. Ceux qui s’en approchent assez pour percevoir le bruissement qui vient des pales pourront peut-être entendre comme dans un murmure la voix du maître : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

 Pierre