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Quand Jésus parle de multitude, il ne pense pas seulement au milliard et demi de chrétiens dans le monde aujourd'hui, il ne pense pas seulement au 7 milliards de personnes sur la terre dans ce troisième millénaire, il pense au quelques 90 milliards d’enfants aux quels son Père a donné la vie et qu’Il n’oubliera jamais.
Nous étions, mon épouse et moi, dimanche à Wavreumont. A la fin de la messe le père organiste offre très souvent une improvisation très joyeuse. Nous l’avons appréciée, mais ce qui m’amène est le Notre Père.
Il est construit comme la plupart des « Notre Père ». Je m’explique. Celui qui veut chanter un Notre Père, va prendre un bout de mélodie qui convient pour la première partie. Tout naturellement, il va inscrire la deuxième partie sur cette mélodie. Il s’aperçoit alors qu’elle est épuisée avant qu’il ait pu insérer la dernière demande : « délivrez-nous du mal ». Il improvise alors deux trois mesures qui n’ont plus rien à voir avec la mélodie initiale. Ceci revient à mettre un accent très fort sur cette demande. Tous les compositeurs ont-ils voulu vraiment mettre l’accent sur cette dernière demande ? Ou simplement, à court de mélodie, ont-ils fait une ajoute tirée de nulle part ?
Pourtant, il n’est pas nécessaire de procéder de la sorte. On peut se donner le but de mettre l’accent sur le pardon. Il suffit de marquer un arrêt après la demande du pardon puis de recommencer la mélodie sur la phrase « comme nous pardonnons ». Dans cette manière de faire, la mélodie couvre toutes les dernières demandes et le « Notre Père » se termine dans la sérénité comme il a commencé.
J’ai fait l’essai pour la mélodie employée à Wavreumont. Cette variation aboutit effectivement à un accent sur le pardon, et une finale dans la sérénité. Il ne faut pas imaginer cependant que l’on va faire changer ce notre père, l’assemblée a une telle habitude de la version originale, qu’elle y reviendra toujours et qu’elle s’y trouve bien.
Par contre, j’ai composé un notre Père directement agencé dans cette idée. Il n’est pas inspiré par ces longues et interminables plaines de Russie qui ont inspiré de nombreux « Notre Père », tel celui de Rimski-Korsakov ou celui de Wareumont. Au contraire il est allant et joyeux. Je l’appelle « le Notre Père des enfants ». L’accent y est mis sur « Pardonnez-nous nos offenses ».
NotrePere des enfants (instrumental):
Pressé par la pression populaire, j’ai bien dû ajouter la phrase « Car c’est à toi, … », même si cette phrase n’appartient pas au texte proprement dit et ne suit pas immédiatement le Notre Père. Mais cette phrase s’est coulée dans la mélodie et n’a donc pas un accent plus fort que « Pardonnez-nous ». Cela me convient, car le pardon est tout de même bien plus ahurissant que le règne et la gloire !
Tout ceci dit, il est peut-être préférable de réciter le « Notre Père » plutôt que de le chanter !
A la semaine sainte, nous pourrions très bien, sans rajouter une messe déjà le samedi qui n’est que le deuxième jour, passer le samedi dans la prière comme les femmes de Jérusalem. Le jour du sabbat, il ne se passe rien, elles préparent leurs aromates ! La soirée peut s’occuper à lire la Bible et les psaumes. Et, très tôt le lendemain matin, les femmes vont au tombeau. La rencontre qu’elles font laisse sans voix et n’est pas encore propice aux flamboyants « alleluia » ! Se lever tôt le dimanche de Pâques pour lire en silence la messe de l’aurore, qui commence par le psaume 138, nous fait entrer dans le mystère intime de la résurrection. En plus, c’est une manière très sensible de percevoir la féminité des rapports avec l’Evangile.
De nos jours, l’assistance à la messe dominicale et aussi aux offices de la semaine sainte est fortement diminuée. D’ailleurs nos offices sont toujours l’office des moines. Pendant la chrétienté, on fait adopter “l’office” par la société dans son ensemble. Tout cet ensemble de rites restera bien sûr assuré dans les monastères. Maintenant, par contre, la chrétienté est un régime du passé, nous a-t-on dit. L’effort consacré au culte pourrait également se modérer. Déjà en 1987, un curé m’avait dit : “Les gens qui travaillent ne viennent pas aux offices en semaine. C’est pourquoi il faut soigner le dimanche des Rameaux.” Le fidèle devra se repérer uniquement par les dimanches : les Rameaux et Pâques. Aux Rameaux, il y a lecture d’une passion, elle rappelle en même temps l’inauguration de l’Eucharistie. A Pâques, le dimanche matin, il y a la résurrection et le début des apparitions intimes et mystérieuses.
Dans un avenir plus ou moins lointain, la fête de Pâques pourrait redevenir une fête intime entre chrétiens, avec un impact beaucoup moins grand sur la société en général. Et les réunions de prières organisées pendant ce laps de temps pourraient prendre un tour beaucoup plus sobre. C’est bien ce qui s’est passé ce jour-là ! Il n’y a pas eu d’explosion de joie pendant 50 jours. Les apôtres ne sont sortis que 50 jours après. Cette annonce publique des apôtres pourrait alors prendre un tour beaucoup plus orienté vers le monde entier avec un discours montrant comment l’Evangile comprend une espérance pour l’humanité toute entière. Il suffit pour cela de se remettre à la contemplation des dons de l’Esprit !
En attendant, laisser vous surprendre, comme les femmes par une rencontre indicible et inoubliable le matin de Pâques et joyeuse fête !