01.09.2009

Lettre ouverte au pape

P1020652.JPGSOS pour l'Eglise d'aujourd'hui !

 

Un jésuite écrit une lettre ouverte au pape pour demander une refonte complète de la présentation de la foi.

Pour mesurer la portée de cette lettre il faut découvrir la personnalité de son auteur. Voici une page de l'hebdomadaire égyptien de langue française « Al Ahram » sur le Père Henri Boulad.

Ce n'est pas la première fois qu'un diagnostic sévère est fait sur la présentation actuelle de la foi dans l'Eglise. Une des plus spectaculaire a été le récent livre « Confession d'un Cardinal ». Il y a une série de similitudes sur le diagnostic posé par le "cardinal" et celui posé par le jésuite.

Mais il y a évidemment des différences importantes. Le style de la lettre est abrupt et concis. Il était prudent, très nuancé et distillé sur 400 pages dans le livre d'Olivier Legendre.

En ce qui concerne les solutions préconisées, la différence est également considérable. La lettre du jésuite préconise un Synode qui remettrait ouvertement tout à plat. Le Cardinal virtuel des « Confessions » se retire auprès des pauvres dans un réseau clandestin de chrétiens (Sarepta : une Al Qaeda spirituelle !) qui attendent que l'Eglise officielle croule pour en refaire une nouvelle.

Quoiqu'il en soit, il reste un gros point d'interrogation. Quelle serait cette idée nouvelle qui reprendrait, sans la déformer, l'entièreté de la révélation tout en la traduisant dans les termes de la société moderne ?

 

19.01.2009

Défis pour l’Eglise au XXIème siècle

Danneels__5545.jpgConférence du Cardinal Danneels

L’Eglise est en crise.

Oui, bien sûr, elle est en crise depuis sa fondation et elle subit le sort de son fondateur : Le Christ a affirmé qu’il était Fils de Dieu, l’Eglise le répète et beaucoup cherchent à l’éliminer.

Deux images apparaissant pour parler des espoirs qui côtoient les revers. « La prairie est jaunie mais on y voit des touffes d’herbes vertes » et « Quand un nuage passe devant le soleil, il a souvent une frange lumineuse ».

C’est sur ce fond de sérénité que va se dérouler la conférence. Le ton sur lequel s’exprime le cardinal va encore renfoncer de bout en bout cette impression.

Défi de la foi.

La cité chrétienne n’existe plus. Cependant notre temps pose à l’Eglise les vraies questions. Celles-ci forcent les chrétiens à mieux exprimer leur foi, à préciser l’interprétation de la Bible.

C’est un problème de transmettre la foi en un Dieu invisible. L’homme moderne a des difficultés à appréhender la réalité du monde invisible. Auparavant, cela allait de soi, mais depuis l’affaire Galilée et les Lumières, l’homme ne comprend plus que ce qu’il touche ou ce qu’il voit.

Défi de l’environnement.

La société pluriculturelle entraîne de nouveaux mélanges. Il faut rencontrer le voisinage des sectes, des autres religions : Islam, les religions orientales notamment le Bouddhisme. Et les relations avec ces nouveaux voisins ne sont ni évidentes ni faciles.

Tout en étant bon voisin, tolérant avec toutes les convictions, le chrétien doit présenter le Christ comme unique médiateur. Affirmation qui est présente dans Vatican II et qui a été reprise dans le document « Dominus Jesus ». Mais la conviction ambiante la plus fréquente est que toutes les religions sont bonnes.

Défi des conceptions contemporaines.

Foi et raison : il y a une vérité accessible par la foi et la raison. L’Eglise en est convaincue, elle qui, depuis bien longtemps, a fondé plusieurs universités. Mais cette vérité n’est pas faite que de quantitatif, aspect auquel se limite souvent l’homme de science.

Vérité et liberté : dans la morale et les nombreuses questions qu’elle suscite, il y a une conception de l’homme qu’il ne faut pas manipuler. La liberté sans aucune entrave est une illusion de l’homme contemporain. Elle ne conduit par toujours au bonheur, mais souvent à un monde vide de sens. Ceci explique peut-être tant de suicides de jeunes.

Défi dans les relations avec l’Etat

Fossé grandissant entre la vie organisée par l’Etat et les conceptions des citoyens. La loi semble de plus en plus le résultat d’intérêts divergents sans consensus sur un fondement. Or il y a nécessité d’avoir des valeurs fondamentales, principalement dans l’éducation de l’école maternelle à l’université.

On voudrait que l’Eglise ne parle pas devant tous. Mais elle n’est pas seulement la vie privée des croyants, elle pousse à des œuvres, à des associations, à des communautés visibles, à des gestes publics.

En finale,

En faisant face à tous ces défis, l’Eglise est, dans le monde moderne, un lieu d’espérance dans une société si souvent dépressive.

 

Le propos de cette note n’est pas ici de faire le résumé complet de cette conférence qui était très dense et très touffue mais simplement de citer les plus importants thèmes abordés. Il sera d’ailleurs possible de se procurer le DVD de la soirée. Les renseignements peuvent être obtenus sur le site des Grandes Conférences Liégeoises

04.10.2008

Chrétien et homme de science ?

Cristaline.jpgJ’ai lu avec grand intérêt « L’itinéraire spirituel de Georges Lemaître » de Dominique Lambert. Georges Lemaître est ce scientifique belge qui a proposé l’hypothèse de l’expansion de l’univers à partir d’un petit noyau. Il était aussi prêtre catholique et fort attentif à sa mission. En raison de cela, il a été suspecté de manque d’objectivité et son hypothèse a d’abord été ridiculisée par une sobriquet : le « big bang ». Ce mot est resté pour qualifier cette hypothèse qui est aujourd'hui admise à l’unanimité du mode scientifique.

 

C’est une méditation de la Genèse qui a orienté ses recherches. Scandale ! Pourtant c’est un fait maintenant incontournable : l’hypothèse du « big bang » a été faite par un croyant.

 

Par rapport à Galilée, la différence est très nette. Alors que le premier avait souffert d’une condamnation maladroite, Georges Lemaître a souffert de félicitations trop voyantes faites par Pie XII. Vous découvrirez cela dans les chapitres qui relatent sa participation à l'Académie pontificale des sciences.

 

Ainsi, celui qui se situe dans la trace d’Incarnation doit supporter la même méfiance qu’a supporté son maître quand il annonçait qu’il était bien le Fils de Dieu et qu’il était descendu du ciel.

 

L’auteur : Lambert, Dominique. Docteur en philosophie et docteur en sciences physiques (Louvain-la-Neuve) — Chargé de cours en philosophie des sciences et histoire des sciences aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix (Namur, 1996- ) — Membre de diverses sociétés scientifiques — Auteur du Principe anthropique. L’homme est-il le centre de l’univers ? (avec J. Demaret ; Colin, 1994) ; Au cœur des sciences. Une métaphysique rigoureuse (avec M. Leclerc ; Beauchesne, 1996); Sciences et théologie. Les figures d'un dialogue (PUN-Lessius, 1999); Un atome d'univers. La vie et l'oeuvre de Georges Lemaître (Lessius-Racine, 2000) — Lauréat du prix Georges Lemaître (1999).

26.09.2008

Année 2008-2009

Le blog du parcours de foi continue : il fera des résumé de lectures, de conférences en les situant dans le regard de la foli du chrétien. Il suivra les Grandes conférences Liègeoises qui constituent un événement dans la Cité Ardente.

Voici la liste de ces conférences :

Les Grandes Conférences Liégeoises

Matthieu RICARD - ""Se transformer soi-même pour mieux transformer le monde""

· Mardi 14 octobre 2008 à 20h15

Tahar BEN JELLOUN - ""Le multiculturalisme : un gadget ou une réalité ?""

· Jeudi 27 novembre 2008 à 20h15

Godfried DANNEELS - ""Défis pour l'Eglise au XXIè siècle""

· Jeudi 15 janvier 2009 à 20h15

Leila SHAHID - ""Palestine:l'heure de vérité""

· Jeudi 05 février 2009 à 20h15

Trinh Xuan THUAN - ""Le big bang et après : la place de l'homme dans l'univers""

· Jeudi 05 mars 2009 à 20h15

Eric-Emmanuel SCHMITT (en dialogue avec Edmond BLATTCHEN) - ""L'absurde et le mystère""

· Jeudi 30 avril 2009 à 20h15

Alain HUBERT - ""Princess Elisabeth, une vision pour le XXIe siècle""

· Mercredi 13 mai 2009 à 20h15

19.06.2008

Parcours de la foi : point d’orgues

CatECimg.jpgUn parcours de foi n’est jamais terminé.  Pourtant il faut bien mettre un point final à cette série de soirées organisées sur le thème : Incarnation

Quel plus beau point d’orgues pourrait-on trouver que le Cathéchisme.

Il rassemble un florilège colossal de citations des pères et docteurs de l’Eglise, des Conciles et des pasteurs qui, suivant le conseil de Paul à Timothée, ont passé leur vie à répéter à temps et à contre temps la Parole de Dieu. Sur l’Incarnation, par exemple, en plus de l’épître aux Hébreux et du Psaume 40, il cite St Grégoire de Nysse, St Irénée, St Athanase, St Thomas d’Aquin. Prenez le temps d’aller voir !!

L’église de Pierre a été sensible dès le début à ce double aspect du dépôt de la foi. L’incarnation c’est la parole de Dieu dite en nos langages. La révélation qui nous été faite est complète en Jésus-Christ. C’est par un seul et unique mystère que le Christ attire à lui les hommes de toutes générations.

En conséquence, il est possible d’actualiser cette parole mais sans jamais contredire les expressions précédentes. De là une attention particulière est mise aux nouvelles formulations. Cela se concrétise dans le « magistère ». Celui-ci a été situé à sa place dans la vie de foi par le Cardinal Danneels dans un des articles rédigés pour cette année de la catéchèse. Le Catéchisme en est un des fruits principaux.

« La vie est-elle emplie de secrets ou de problèmes ? Il vaut mieux accepter le mystère de la vie plutôt que de le réduire simplement à ce qu’on peut en comprendre. Le magistère (autorité de l’apôtre) et la théologie (ensemble cohérent formulé par la réflexion) forment une paire qui équilibre l’écoute compréhensive des révélations faites par l’écriture sur les mystères de notre vie (Cate9) »
 

 Vous pouvez trouver ces documents, en format pdf, en entier sur le site de l’Eglise de Liège à l’adresse :

http://liege.catho.be/ftp/liege/danneelscatechese/cateche... ou en résumé dans les Nouvelles des Douze n° 12

 

04.02.2008

Rencontre foi et science

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C’est une rencontre étonnante que je viens de faire. Je lisais un livre sur les récentes découvertes scientifiques. Cet ouvrage, écrit par Jean Staune, directeur de l’Université Interdisciplinaire de Paris, a été recensé dans un récent « Dimanche Express ».

Des spécialistes en biologie y exposaient leur compréhension de l’évolution. Parmi eux figure Denton, professeur de biologie en Australie. Voici en quels termes J. Staune termine sa présentation de ce spécialiste :

 “ C’est seulement après tout cela (= son travail scientifique de biologiste) que Denton en tire une conclusion qui, elle, est d’ordre théologique : « En raison de la doctrine de l’Incarnation qui impliquait que Dieu avait pris la forme humaine, aucune religion ne dépendait davantage de la notion d’une position absolument centrale et singulière de l’homme dans le cosmos que le christianisme. La vision anthropocentrique de la chrétienté médiévale est peut-être l’idée la plus extraordinaire que l'homme ait jamais formulée. C’est une théorie fondamentale et d’une prétention radicale. Aucune théorie humaine ne l’égale en audace puisqu’elle stipule que toute chose se rapporte à l’existence de l’homme [… ] Quatre siècles après que la révolution scientifique eût paru détruire cette conception, bannir Aristote et rendre caduque toute spéculation téléologique, le flot incessant des découvertes s’est spectaculairement retourné en faveur de la téléologie. La science, qui depuis quatre cents ans semblait le grand allié de l’athéisme, est enfin devenue, en cette fin de IIe millénaire, ce que Newton et beaucoup de ses premiers partisans avaient ardemment souhaité : le défenseur de la foi anthropocentrique. »

C’est ainsi que l’on peut exorciser le « fantôme de Copernic ». L’homme n’est plus au centre de l’Univers au plan géographique mais retrouve, de façon plus subtile, une place centrale en tant que but de l’évolution de l’Univers. Si étonnant que cela puisse paraître à celui qui vient de lire ces lignes, Denton n’est nullement chrétien. Il ne fait que constater que la longue chaîne de coïncidences qu’il met au jour à travers les propriétés chimiques et biochimiques de la nature soutient un point central de la théologie chrétienne. ”

 

Le mot “Incarnation” m’a immédiatement ramené au parcours de la foi tel qu’il nous est proposé ces mois-ci. Et j’ai prolongé les réflexions de Denton en considérant l’homme comme la finalité de l’évolution pour qu’un jour le Fils puisse naître d’une femme. C’est l’occasion de se rappeler que c’est l’Esprit qui a fixé les lois de l’univers. Elles trouvent leur aboutissement dans le corps humain. Voilà pourquoi la chair n’est pas complètement étrangère à la vie de l’Esprit.

Ceux qui aiment la science liront avec intérêt ce livre : « Notre existence a-t-elle un sens ?» qui cherche à renouer un dialogue entre la foi et la science.

Quant à nous tous, nous pourrons repenser aux merveilles de la création quand nous chanterons : « Que tes œuvres sont belles … l’homme est à l’image de Dieu », ou encore, comme en ce 4ème dimanche, « Heureux les hommes au cœur de chair, ils deviendront printemps du monde … »