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Livre - Page 2

  • Evolution

    Dans la lumière et les ombres

    Jean-Claude Ameisen

    Darwin et les bouleversements du monde

    L’aube

    DSC_0587_web.jpg  Darwin, jeune naturaliste, est désireux de faire un voyage autour du monde. Il commence par un stage chez son oncle et futur beau-père. Celui-ci est féru de géologie et s’intéresse à la couche supérieure des sols : l’humus. Par lui, Darwin trouve l’occasion de faire un voyage de cinq ans comme naturaliste sur un bateau, le Beagle, qui fait le tour de monde. Au retour, il s’adonne pour son oncle, à  l’étude des vers qui remuent la terre. Il apprend à cette occasion la précision nécessaire à l’observation et le souci des détails. Il prend conscience que les changements dans la nature font suite à une accumulation, sur des grandes périodes de temps, de conséquences anodines. Il a aussi l’occasion de lire les « Principes » de Lyell, géologue qui s’attache à « expliquer les changements anciens en référence à des causes  actuellement en train d’opérer. » Il constate aussi que le vers : « … n’a pour intention que son propre gain ; et il est …  mené par une main invisible à promouvoir une fin qui ne faisait pas partie de ses intentions ! »

    C’est au départ de ces intuitions et de ses nombreuses observations qu’il va petit à petit arriver à exprimer le  “Mystère des Mystères” dans son livre intitulé “L’origine des espèces par la sélection naturelle”. Il est convaincu de la transmutation des espèces. Les espèces ne sont pas stables mais évoluent lentement, selon l’expression  « transmission avec modification ». Ces modifications se font sans but précis, et c’est alors la sélection naturelle qui garde les espèces les plus appropriées à l’environnement du moment. C’est avec quelques contemporains Wallace, de Lamark,  qu’il arrivera  faire valoir ses idées. Il s’opposera à de nombreux naturalistes qui circulent dans le monde entier pour faire l’inventaire et le classement des espèces vivantes, Cuvier, comte de Buffon, Carl von Linné, Saint-Hilaire. Mais ceux-ci n’ont pas besoin de l’évolution,  le fixisme leur suffit.

    La nuit

    L’auteur marque un intermède dans les résultats de la recherche scientifique pour décrire tous les débats et remous qui ont suivi la diffusion de la théorie de “l’Origine des espèces”. C’est l’époque où Malthus fait un essai sur le principe de population qui véhiculait des idées très pessimistes. Parmi toutes les découvertes ramenées de l’exploration du monde, on découvre aussi avec stupeur des tribus qui n’ont pas encore été atteintes par la civilisation. Or normalement l’évolution  entraîne l’élimination du plus faible ! Principe insoutenable pour des êtres humains. Pourtant le monde fera des théories sur les races, sur l’eugénisme, l’euthanasie ... Cela finira par cet épisode sinistre de l’amélioration de la race aryenne et du nazisme d’Hitler. L’auteur se sent impliqué personnellement dans ces remous. Ce deuxième passage se termine par un voyage de l’auteur à Auschwitz, où il a perdu des membres de sa famille.

    Dans le futur distant

    Un troisième épisode du livre s’attache à la découverte des mécanismes qui réalisent les « petits changements » de l’évolution. Il s’agit de l’ADN qui forme les gènes. L’ADN était apparu discrètement en 1869. Il était connu comme un composant du noyau de la cellule. Mais ce n’est qu’en 1953, à la faveur de recherche sur les bactéries qu’a été mis au jour son rôle dans la transmission des caractères héréditaires. Son comportement est extrêmement subtil. Construction de l’embryon, stabilité de l’espèce, différentiation des organes et des tissus, lutte contre les agressions … Aujourd'hui encore, on traque les mutations des bactéries afin de composer les vaccins pour protéger les membres les plus âgés de la population. Ceci n’étant qu’un exemple de la complexité des situations  où la génétique est présente avec ses victoires et ses dérives. Ainsi on voit que les forces qui ont opéré l’évolution des espèces sont toujours actives dans nos vies. Cela nous rappelle le projet du géologue Lyell, le contemporain de Darwin, qui voulait : « Expliquer les changements anciens en référence à des causes actuellement en train d’opérer. »

    Cette immense fresque est traversée du début à la fin par la confrontation entre deux conceptions antagonistes du monde. Cela commence par la vision de la Bible qui laisse penser que les espèces ont été crées directement par Dieu, cela continue par la réflexion des grecs « Tout coule » et «  Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Cet antagonisme traverse les âges jusqu’à l’époque actuelle où la confrontation entre le fixisme des espèces et l’évolution est toujours présente.

    Avis du bloggeur

    Prenez le temps de lire ce livre. On y découvre non seulement une des clés de la connaissance sur l’hérédité, mais aussi tout ce que cette recherche entraîne comme espoirs ou troubles dans l’histoire des hommes.

  • De Jésus

    J'ai lu pour vous le dernier livre de Christian de Duve.

    On se souvient de son décès au début de cette année, le 4 mai. Dans ce livre il résume succinctement sa vie sous tous ses aspects.

     

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    De Jésus à Jésus
    en passant par Darwin

     

    Christian de Duve parle d’abord de son enfance, de son collège à Anvers chez les jésuites. Ces années sont celles où il acquiert le goût de l’apprentissage.

    A cette époque il est séduit par la médecine. C’est le côté romantique de la profession qui l’attire, pour se pencher sur une humanité souffrante.

    De Jésus à Darwin

    Il s’inscrit à l’université comme étudiant chercheur. Le goût pour la recherche de la vérité scientifique lui fait abandonner les certitudes enseignées par les jésuites, pour ne s’attacher qu’aux vérités dont on peut donner la preuve.

     

    Il participe à la recherche sur l’insuline. Le voilà lancé vers la découverte de la cellule et il s’y consacrera dans le détail au point qu’il ne pratiquera pas la médecine ! Pour ces travaux sur la cellule il recevra le Prix Nobel en 1974.

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    Il sera ensuite appelé par la fondation Rockefeller à fonder un laboratoire aux EU en plus de celui de Louvain. Cela élargit fortement son expérience.

    En 1968, il fait la prise de conscience de la responsabilité du scientifique vis-à-vis de la société. Un autre événement est la séparation de Louvain et le déménagement  de Louvain-la-Neuve. Il procède à la réorganisation de l’équipe de recherche et il fonde l’Institute of cellular and molecular pathology (ICP, qui est devenu "de Duve Institut").

     Son travail sur l’évolution vers la cellule l’amènera à écrire : Construire une cellule en 1990 (il préfère le titre en anglais :  Blueprint for a cell  dans lequel il exprime les propriétés fondamentales communes à tous les êtres vivants.

    A cette époque il prend le temps de s’intéresser aux disciplines connexe à la sienne. Il s’intéresse à l’évolution en général et fait la connaissance de Lamarck et Darwin. Il décrit le périple accompli depuis  Poussière de vie  (1996) jusque   Génétique du péché originel  (2010).

     

    Son parcours est un mélange de hasard, dans les rencontres et les occasions qu’elles lui ont procuré. Il est aussi fait de la nécessité de poursuivre l’excellence nécessaire à la recherche scientifique.

     De Darwin à Jésus

     

    Dans ce chapitre, il parle, non plus de sa spécialité, mais sa culture globale recouvrant  toutes les sciences. Il résume l’origine de l’humanité et de ses gènes. Il déplore le « péché originel génétique » qui amène les groupes à s’opposer. Il déplore ainsi l’état actuel où nous a conduit l’évolution et à toutes les oppositions qu’elle génère.

    Il se souvient alors des jésuites anversois et pense trouver en Jésus un sage qui ferra dépasser les clivages où conduit l’évolution. Il dépouille alors Jésus de toute sa coloration biblique et de son utilisation dans l’Eglise pour ne garder qu’un précepte : « Aimez-vous les uns les autres ». Précepte qui doit faire dépasser le « struggle for live » du Darwinisme.

     

    Il pense trouver là une nouvelle forme de rédemption. Seulement il faudrait donner une nouvelle expression au message de Jésus qui soit plus universelle et adaptée aux conditions de vie d’aujourd’hui. Et cela ne peut venir de (des) Eglise, mais de la base.

    Esquisse d’une pensée

     Normalement il ne croit pas à une autorité, il adhère à l’univers, la vitesse de la lumière, l’ADN … Il pratique le doute méthodique et ne veut  rien admettre qui ne soit prouvé de manière irréfutable.

    Un phénomène l’intrigue : l’énigme du cerveau,  sa taille, le nombre impressionnant de neurones, le phénomène de la conscience

    Il ne fait pas de philosophie, sinon pour refuser tout dualisme : esprit – matière, Dieu – création. Il refuse le principe anthropique, la finalité. Il croit en une seule Réalité Ultime.

    Il trouve trois facettes à l’Ultime Réalité. Une facette intelligence qui conduit au vrai. Una facette sensibilité qui conduit au beau. Une troisième facette, éthique, qui préside à la recherche du bien.

    Envoi

    Le résumé de sa vie est ainsi fait de recherche scientifique, de la découverte de la cellule. A cela s’ajoute la découverte de l’évolution et des traits d’égoïsme qu’elle comporte. Pour finir par la mise en évidence du message d’amour qui permettra de dépasser les oppositions dans l’humanité.

     

     

    Voilà un livre que tout amoureux des sciences doit avoir lu !

  • jesuites

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    J’ai reçu un livre sur les jésuites écrit par Jean Lacouture

    Le deuxième tome date de 1992.

    J’ai d’abord pensé que ce livre allait m’entrainer dans un point de vue étriqué sur l’histoire.

    Mais en fait,  à voir les chapitres, il s’est avéré qu’il s’agissait de thèmes très larges de la vie de l’église, observés, certes, du point de vue de la Compagnie. Cependant certains thèmes  trouvent une singulière résonnance avec des faits d’actualité.

    La dissertation de Christian de Duve sur le péché originel ne nous rappelle-t-elle pas la fameuse note de Theillard rappelée dans « Theillard et l’obéissance » ?

    Le chrétien anonyme du Père Rahner, qui formerait une église de l’ombre concurrente de l’église officielle, n’éclaire-t-elle pas l’équipée des JMJ qui rassemble des jeunes dont 57%, parait-il, ne croient même pas ?

    Le pape François ne fait-il pas penser à la revanche du Père Arrupe qui, selon ses détracteurs,  voulait transformer la Compagnie en une super ONG humanitaire ? Certains craignent que le pape actuel fasse ce qu’Arrupe n’a pas pu faire !

    Enfin, que penser de cette obéissance si chère à saint Ignace. Certains, parait-il, ont même critiqué l’expression « perinde ac cadaver » qui en est le slogan. Mais si cette obéissance n’avait pas été là, combien n’aurions-nous pas de « rites chinois », combien de « réductions de guaranis », combien  d’écoles différentes de théologie ? Sans la contemplation d’Ignace, la Compagnie n’aurait été qu’un autre protestantisme !

    Enfin de compte, voici une lecture qui ne va pas nous déconnecter de l’actualité. Au contraire, un tremplin d’un  demi-millénaire nous permet  d’ajuster notre vision de la réalité de notre planète,  et de mieux estimer la direction générale que l’histoire du monde prend. Et de ce point de vue, un recul de 20 ans n’enlève rien à l’intérêt de ces pages.

     

    On peut trouver une critique du premier tome :
    http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/30772