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Conférence - Page 5

  • La famille à l'épreuve des sociétés

    foule-famille.jpgRésumé de la troisième conférence de Carême 2012 à la Cathédrale de Liège

    « La famille à l'épreuve des sociétés »

    avec le Professeur Olivier BONNEWIJN de l'Institut d'Etudes Théologiques (IET) de Bruxelles, prêtre,
    et le Professeur Claire GAVRAY, sociologue de la famille et du travail de l'ULg.

    Arrivé avec un peu de retard, je trouve le professeur Claire Gavray en train de décrire une famille ancienne où l’intérêt de l’union était limité à l’intérêt des familles. L’adultère était admis, à cette époque, dans les classes dirigeantes. On rencontrait donc des familles recomposées. Ceci n’est pas une invention moderne !

    Vient ensuite un large aperçu historique partant de la famille traditionnelle. Notion qui est nettement plus large. On y considère plus que le seul niveau des parents et enfants. Cette famille était sous le contrôle de la communauté. L’individu a suivi dans cette voie. Il était impératif que la femme sache tout faire car l’homme était souvent parti.

    A la faveur de l’industrialisation, on est passé progressivement à la famille moderne, qui est de taille restreinte. Elle apparaît dans la classe bourgeoise, correspond à la visée de l’Eglise et comporte une forte division des rôles. La classe ouvrière s’y est adonnée parce qu’elle y voyait une promotion sociale.

    Cette famille moderne a été attaquée dès 1950 par la diffusion des valeurs de liberté, d’individualisme. Ensuite est venue la lutte des femmes, l’apparition de la contraception, du travail de la femme. Les femmes jeunes multiplient les revendications.

    Cela nous a conduits à la famille post moderne où l’autorité est remise en question, l’égalité est recherchée et des droits sont reconnus aux enfants. Certains jeunes restent très tard chez leurs parents par nécessité ou par confort.

    La conception de la famille est complètement modifiée. La fidélité est fragile. Elle est très souvent bousculée quand apparait l’enfant dont la présence entraîne la nécessité de se répartir les nouvelles charges du quotidien qu’il amène.

    Les amoureux modernes commencent par un compagnonnage où l’impératif est surtout la reconnaissance amoureuse, juridique et culturelle. Il y a donc plusieurs étapes intermédiaires avant une situation finale ou se retrouvent parents et enfants.

    L’Etat va s’immiscer facilement dans ces compagnonnages (par les mesures sociales qu’il prend ?) Ces unions sont également fort influencées par les médias. Ceux-ci favorisent le plaisir, le superficiel, le sensationnel et ciblent souvent le public des enfants.

     

    Pour l’avenir, Claire Gavray met en garde contre la violence qui pourrait augmenter vis-à-vis des femmes et des enfants. Elle pense qu’il faut éviter tout autoritarisme et la marchandisation de tout ce qui concerne les aspects de la vie familiale.

     

    Le philosophe Olivier Bonnewijn prend à son tour la parole. Il cherche d’abord à répondre à la question : Comment situer les familles ?

    Du point de vue politique (ou social ?) on distingue la famille nucléaire, la famille monoparentale, la famille homoparentale, la famille recomposée. Cette diversité est enseignée dans les écoles.

    Une “précompréhension” minimum universelle peut se résumer comme suit : la famille est un endroit où il y a des différences de sexe et de génération. C’est la structure fondamentale par rapport à la quelle on peut situer les nouveaux modèles.

    Les nouveaux types comportent une précarité de la conjugalité. Ces modèles ne se construisent pas volontairement, ils sont un point de passage d’une trajectoire.

    Le philosophe s’attache ensuite à la place de l’enfant dans les différents modèles.

    Dans la famille monoparentale, l’enfant sera marqué par l’absence du père; dans la famille homoparentale il lui manquera le double repère des sexes. La famille recomposée n’a pas été voulue pour elle-même, elle provient de familles décomposées et doit souvent s’accommoder d’une présence judiciaire. Enfin, dans la famille “concubinaire”, marquée en général par l’insécurité, l’enfant lui aussi est toujours insécurisé.

     

     

    Le professeur indique que la famille est définie par la conjugalité, et non par l’enfant.

    Il décrit ensuite ce qu’il trouve dans la Bible. Son premier exemple est Abraham avec sa famille très composite et à laquelle, cependant, Dieu s’intéresse au point de lui promettre une descendance innombrable. L’Ecriture n’explicite pas un modèle de famille mais parle de Dieu qui travaille dans les familles.

    Le débat.

    Le professeur Gavray réagit aux propos du philosophe.

    Elle insiste d’abord sur le fait que pour un couple, il n’y a pas d’injonction d’avoir d’enfants. Mais ceci étant acquis, ceux qui ont fait le choix d’avoir des enfants doivent s’appuyer sur le triangle père-mère-enfant.

    La plupart des familles souffrent de la stigmatisation que l’on fait de leur trajectoire. Elle constate d’ailleurs que dans toutes les familles il y a beaucoup de souffrances, y compris la famille intacte.

    Elle pense également que les familles ont besoin de stabilité affective et l’enfant de généalogie claire.

     

  • Parents

    couple,homme,femme,mariage,société,parents,adolescent,gauthier,maurice lucaRésumé de la deuxième conférence de Carême 2012 à la Cathédrale de Liège

    « Comment être parents aujourd'hui »

    avec Maurice LUCA, philosophe, laïc dominicain
    et le Professeur Jean-Marie GAUTHIER de l'ULg. , médecin, pédopsychiatre.

    Le professeur Gauthier prend le premier la parole. Comme le sujet est très vaste et le temps limité, il se propose de procéder “par touches”. Voici quelques réflexions qui ont émaillé sont discours.

    Il y a un défaut de communication entre génération. L’éternel adolescent est toujours le même mais l’environnement est radicalement changé.

    Les rites de passages qui existaient dans les anciennes civilisations n’existent plus. La transmission du savoir, en Occident, est passée depuis plus de 100 ans à l’école. Récemment, l’autorité est passée aux médias, ce qui constitue un pouvoir impersonnel.

    Il y a une multiplication des stimuli, ce qui crée une confusion entre l’espace public et privé. L’adolescent est projeté à tout moment dans un univers sans limites. Il a de la peine à se construire comme adulte.

    Il y a quelques temps, on motivait l’enfant par des récompenses. Actuellement, le monde l’adolescent est déjà tellement fourni que, pour le motiver, il faut lui supprimer l’un ou l’autre dispositif qui encombre sa chambre. Les parents sont automatiquement conduits à entrer dans un rapport de force.

    L’adolescence commence de plus en plus tôt et dure de plus en plus tard. La cohorte de cette population s’élargit. L’avenir est incertain, et l’adolescent a de la peine à quitter la maison familiale.

    L’enfant est un consommateur. Il est impliqué dans de très nombreuses publicités. Souvent, c’est lui qui apprend à ses parents ce qu’ils doivent faire, acheter.

    Parmi les points qui doivent attirer l’attention des parents, en voici deux D’abord, il faut prendre soin de transmettre des valeurs, ainsi qu’on peut le voir dans les romans d’Harry Potter ou dans la Guerre des Boutons. Ensuite, il faut s’appuyer sur le fait que l’adolescent est sensible à la solidarité, à l’assistance réciproque.

    Maurice Luca se présente comme philosophe chrétien. Il commence son intervention par quelques définitions.

     “Parent” vient de  “parere” qui signifie produire, mettre au monde.

     “Enfant” vient de “infans” qui est un petit homme qui ne parle pas encore.

    L’adolescent doit chercher à parler c’est à dire à exprimer ce qu’il perçoit de la vie qui s’offre à lui. L’éducation parentale est l’art d’élever ses enfants..

    Chacun doit résoudre lui-même les questions de base de la vie, de l’existence. A ce propos, le philosophe Socrate est exemplaire. Il aide chacun à trouver les réponses à ces interrogations par le « Connais-toi toi-même ».

    Les parents doivent, d’une manière similaire, dialoguer avec leurs enfants pour les pousser à prendre conscience de leur existence.

    Parmi les grandes questions il cite :

    -       Mon comportement est-il déterminé ?

    -       Si je suis libre, existe-t-il des normes qui s’imposent à moi.

    Il énonce enfin les deux pièges dans lesquels il ne faut pas tomber dans cette recherche :

    - L’idéalisme libertaire, dont il voit un exemple dans la pensée de Jean-Paul Sartre

    - Le réalisme objectif matérialiste qui est illustré par la pensée d’André Comte Sponville

    L’échange confirmera la nécessité de pousser l’adolescent à réfléchir. Un travail de groupe pour y arriver n’est pas à négliger car il est bien difficile de se trouver devant un adolescent qui ne veut pas réfléchir.

     

  • Le couple en question

    couple,homme,femme,mariage,société,bawin,dupuisRésumé de la première conférence de Carême 2012 à la Cathédrale de Liège

    « Le couple en question »

    avec le Professeur Michel DUPUIS de l'UCL
    et le Professeur Bernadette BAWIN, sociologue de la famille, ancien professeur à l'ULg.

    Mme Bawin débute en situant le sentiment amoureux dans l’histoire. Elle souligne deux moments. D’abord l’amour courtois qui rend l’amour incompatible avec la stabilité du couple. Avec l’amour romantique, vient la famille moderne. Finalement en 1970, on invente le couple non marié.

    Actuellement, le couple commence avec le sexe et le sentiment. On reste ensemble quand on s’aime. Mais le sentiment s’effrite vite, on s’aime de moins en moins longtemps et le couple dure de moins en moins longtemps.

    Le jeune souhaite la plus grande liberté pour faire son choix. Mais les déterminants de la rencontre sont sujets à de nombreux arbitraires et de nombreuses forces inconscientes interviennent !

    Le couple est une mini institution. Le succès du couple dépend de la capacité de créer un langage commun. Le “je” devient “nous” temporairement.

    La critique féministe a rendu impossible le sacrifice de l’un pour l’autre, elle a signifié la fin du couple et de la famille ; elle cherche à gommer les différences des deux sexes.

    Enfin, voici la conclusion. Il est bien dommage que la socialisation continue à colporter l’imaginaire collectif des anciens modes de compréhension du couple et de la famille. Il faudrait revoir le processus de socialisation et trouver une nouvelle définition du couple.

     

    M Dupuis, philosophe, commence par situer le couple comme chemin du bonheur. Son propos est de baliser ce chemin sans faire d’éthique. De cette manière, certaines mauvaises raisons de faire couple disparaissent.

    Ensuite le couple ne doit pas être orienté vers la procréation. La nature ne nous oblige en rien. Il faut plutôt chercher la raison de faire couple dans la phrase « il n’est pas bon que l’homme soit seul ».

    Il place ensuite l’individualisme qu’il qualifie de plus grande conquête de l’humanité. La recherche de son identité est une chance : il y a moi et les autres. C’est par cette recherche qu’il continue son exposé.

    Il cite alors deux pensées qui doivent nous faire réfléchir.

    Aristote insiste sur la “Philia” : amitié, solidarité entre étrangers. Un psychanalyste suisse qui présente le “être nous” comme valeur nécessaire. On ne peut devenir individu que dans un “nous”.

    Il faut donc que le couple soit autonome (par rapport au reste de la société ?), mais cette autonomie est fragile.

    En conclusion, il rapporte une réflexion d’Edith Stein qui cite saint Benoît : “Nous avons besoin d’une communauté pour aller au ciel”.

     

    L’échange manifeste de nombreux points communs.

    On trouve son identité en s’opposant à l’autre (individualisme dialectique).

    La nature n’impose pas de vivre en couple. Ce serait la culture qui nous y pousse, du moins des éléments naturels culturalisés. La nature a parfois servi à justifier des choses qui sont en fait culturelles.

    Le couple est une mini institution. La relation construite est “un tiers”. Bien que privée, elle est publique dans le sens qu’elle se fait toujours sur le fond d’une communauté plus large.