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Conférence - Page 2

  • Synode

     Bilan du pape François 

     

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    En conclusion du Synode extraordinaire sur les défis pastoraux de la famille, sans rien cacher des difficultés vécues durant ces deux semaines de débats, le Pape François a tiré un bilan positif de cette expérience synodale, vécue dans une liberté de parole inédite.

    « Avec un esprit de collégialité et de synodalité, nous avons vécu vraiment une expérience de Synode, un parcours solidaire, un chemin ensemble. Comme dans chaque chemin, il y a eu des moments de course rapide, quasiment à vouloir vaincre le temps et arriver le plus vite possible au milieu, et des moments de fatigue (…), d’autres moments d’enthousiasme et d’ardeur. Il y a eu des moments de profonde consolation, en écoutant le témoignage des vrais pasteurs qui portent sagement dans le cœur les joies et les larmes de leurs fidèles. Des moments de consolation et de grâce en écoutant les témoignages des familles qui ont participé au Synode et ont partagé avec nous la beauté et la joie de leur vie maritale. (…) Et puisque c’est un chemin d’hommes, avec les consolations il y a eu aussi d’autres moments de désolation, de tensions et de tentations. »

    Cinq tentations à éviter

    Le pape François a alors énoncé une série de tentations qu’il a pu percevoir en écoutant les pères synodaux. Première tentation : « La tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire de vouloir s’enfermer dans la lettre(…), à l’intérieur de la loi, dans la certitude de ce que nous connaissons et non de ce que devons encore apprendre et atteindre. Du temps de Jésus, c’est la tentation des zélotes, des scrupuleux, des empressés et aujourd’hui de ceux qu’on appelle aujourd’hui des « traditionnalistes » ou aussi des « intellectualistes ». »

    Deuxième tentation : « La tentation d’un angélisme destructeur, qui au nom d’une miséricorde traîtressse met un pansement sur les blessures sans d’abord les soigner, qui traite les symptômes et non les causes et les racines. C’est la tentation des timorés, et aussi de ceux qu’on nomme les progressistes et les libéraux. »

    Troisième tentation : « La tentation de transformer la pierre en pain pour rompre un long jeûne, pesant et douloureux (Lc 4, 1-4) et aussi de transformer le pain en pierre et la jeter contre les –pécheurs, les faibles, les malades (Jn 8,7) c’est-à-dire de les transformer en fardeau insupportable (Lc 10, 27). »

    Quatrième tentation : « La tentation de descendre de la Croix, pour contenter les gens, de ne pas rester à accomplir la volonté du Père, de se plier à l’esprit mondain au lieu de le purifier et de le plier à l’Esprit de Dieu. »

    Cinquième tentation : « La tentation de négliger le depositum fidei (ndlr : le dépôt de la foi) en se considérant non comme les gardiens mais les propriétaires et les maîtres ou, de l’autre part, la tentation de négliger la réalité en utilisant une langue minutieuse et un langage pour dire tant de choses et ne rien dire. Nous appelons « bizantinisme » je crois, ces choses. »

    Ne pas discuter les fondamentaux du mariage

    Mais le pape François a répété que ces tentations et ces contradictions étaient naturelles : « Les tentations ne doivent ni nous effrayer ni nous déconcerter et encore moins nous décourager, parce qu’aucun disciple n’est plus grand que son maitre. Donc si Jésus a été tenté, ses disciples ne doivent pas s’attendre à un traitement meilleur. Personnellement j’aurai été très préoccupé et attristé s’il n’y avait pas eu ces tentations et ces discussions animées, ces mouvements de l’esprit, comme les appelait Saint-Ignace-de-Loyola, si tous étaient d’accord ou taciturnes dans une fausse et quiétiste paix. Au lieu de cela, j’ai vu et j’ai écouté, avec joie et reconnaissance, des discours et des interventions pleines de foi, de zèle pastoral et doctrinal, de sagesse, de franchise, de courage, et de « parresia ». (…) Et ceci toujours, je l’ai dit ici dans l’Aula, sans mettre en discussion les vérités fondamentales du sacrement du mariage : l’indissolubilité, l’unité, la fidélité et la procréativité, l’ouverture à la vie. »

    Ainsi le souverain pontife a considéré que cette expérience synodale représentait une véritable expérience d’Église. « Ceci est l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique et composée des pècheurs, qui ont besoin de sa miséricorde. Ceci est l’Église, la vraie épouse du Christ, qui cherche à être fidèle à son époux et à sa doctrine. C’est l’Église qui n’a pas peur de manger et de boire avec les prostituées et les publicains, l’Église qui a les portes grandes ouvertes pour recevoir ceux qui sont dans le besoin, les repentis et pas seulement les justes ou ceux qui croient être parfaits ! »

    L’Esprit Saint, garant de l’unité

    Il a fait allusion aux échos médiatiques suscités par les discussions synodales : «Tant de commentateurs, ou de gens qui parlent, ont imaginé de voir une Eglise en conflit où une partie contre l’autre, en doutant même de l’Esprit Saint, le vrai promoteur et garant de l’unité et de l’harmonie dans l’Église. L’Esprit Saint qui au long de l’Histoire a toujours mené la barque, à travers ses ministres, aussi quand la mer était contraire et agitée et les ministres infidèles et pécheurs. Et comme je vous l’ai dit au début du Synode, c’était nécessaire de vivre tout cela avec tranquillité, avec paix intérieure aussi parce que le Synode se déroule cum Petro et sub Petro et que la présence du pape est garantie pour tous. »

    « Parlons un peu du pape, maintenant, en relation avec les évêques », a lancé François, suscitant des rires parmi les pères synodaux. « Donc, le devoir du Pape est celui de garantir l’unité de l’Église. Et celui de rappeler aux fidèles leur devoir de suivre fidèlement l’Évangile du Christ, et celui de rappeler aux pasteurs que leur premier devoir est de nourrir le troupeau que le Seigneur leur a confié et de chercher à accueillir avec paternité et miséricorde et sans fausse peur les brebis égarées. »

    « Nous avons encore un an pour mûrir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes à tant de difficultés et d’innombrables défis que les familles doivent affronter, à donner des réponses à tant de découragements qui entourent et étouffent les familles. » Et le Pape a précisé que la « Relatio Synodi » votée ce samedi après-midi servirait de « Lineamenta », donc de fil rouge pour la réflexion des conférences épiscopales dans la perspective du Synode de 2015.

    Radio Vatican

     Lu dans Info.Catho

  • Liège 2014-2015

    Grandes Conférences Liégeoises
    Programme de la saison 2014-2015

    Liège, Conférence, Université

    Comme chaque année, nous relayons le programme des
    Grandes Conférences Liégeoises.

    Une manière de mettre en évidence les grandes questions qui se posent aujourd'hui.

    Programme de la saison

     

    02/10/2014

    Jean-Louis Servan-Schreiber

    Patron de presse - Essayiste

    Pourquoi les riches ont gagné

     

     

    06/11/2014

    Pierre Kroll

    Dessinateur - Caricaturiste

    Le plus belle conférence du monde

     

     

    11/12/2014

    Isabelle Autissier

    Navigatrice - présidente WWF France

    Océan: risques et opportunités

     

     

    08/01/2015

    Rudy Ricciotti

    Architecte - Ingénieur

    Sans titre

     

     

    05/02/2015

    Herman Van Rompuy

    Ancien Premier ministre - Ancien président du Conseil européen

    L'Europe: une expérience personnelle!

     

     

    05/03/2015

    Frédéric Saldmann

    Le meilleur médicament, c'est vous!

     

     

    02/04/2015

    Paul Jorion

    Titulaire de la chaire "Stewardship of Finance" (VUB)

    Comprendre les temps que sont les nôtres

     

     

     

     

  • Albert Jacquard

    Albert Jacquard

    Est décédé le 11 septembre 2013.

    A l’occasion de sa disparition, nous avons pu écouter l’émission « Noms de dieux » enregistrée en 1994. En voici quelques idées fortes. Il y montre sa vision de l’univers, ses appréhensions sur les manipulations génétiques et l’accroissement de la population ainsi que la responsabilité de l’homme devant son avenir.

    Albert Jacquard, ADN, génétique, éthique

    Noms de Dieux

    Chez Albert Jacquard, la science a eu raison de la foi. Il a la religion de l’humanitude.
    Humaniste et biologiste il a écrit de nombreux livres de vulgarisation, un des plus connu étant : “La légende de la vie”.

    I Le nom

    « Noms de ceux dont les liens sont Dieu ! » Voilà une expression curieuse. Elle manifeste que  Les hommes en s’assemblant, font plus qu’eux-mêmes et cela constitue la réalité suprême.

    En tant que scientifique, il ne croit à rien. Il n’y a pas de Dieu puissant, de Dieu créateur. Albert Jacquard veut construire le monde pour le milliard d’hommes qui  vient. Il faut rechercher la dignité de tous les hommes. De ce point de vue, l’évangile et le manifeste de Karl Marx sont des livres compatibles.  Il a une prédilection pour saint François d’Assise, pour son amour de la nature qui l’émeut lui le scientifique. Car la réalité principale c’est l’univers dans lequel nous grandissons.

    On oppose parfois deux termes :  “religere” ou  “relegare” : relier ou relire ? Il préfère le deuxième terme. Il ne faut pas se relier à quelque chose. Nous sommes dans le monde et il ne faut pas chercher autre chose.  Il faut relire le monde pour discerner l’important. Parmi les événements importants il y a notre prochain avenir. D’ici quelques années nous serons 11 milliards sur la terre.

    II L’image

    L’image choisie est une spirale d’ADN. Pour Albert Jacquard, c’est une molécule simple et banale qui n’est vraiment pas séparée de la matière. La cellule vivante est simplement hypercomplexe. Mais elle a découvert et mis en œuvre l’accumulation d’informations. L’ajustement extraordinaire des constantes de l’univers qui permet la vie ne le désarçonne pas. Il ne croit pas à un Dieu créateur, il adhère à la notion des multivers, notion défendue entre autres par Stephen Hawking. Cette notion indique que de nombreux univers sont nés spontanément avec diverses compositions de ces constantes de base. Il se fait que nous sommes par hasard dans l’univers où l’assemblage des constantes permet la vie.

    Pourtant, nous sommes plus que des objets par la conscience que nous prenons de ce que nous sommes.   « Maintenant que j’ai découvert l’ADN, j’ai découvert le secret de ce qui m’a fait. Je suis responsable le de ce que j’en fais ». Avec la connaissance de l’ADN qui est la nôtre au XXème siècle, nous sommes devenus quasi créateurs.

    Nous sommes plus que des objets principalement par tous les contacts que nous avons eus.  « Je suis le résultat de ceux qui m’ont regardé et entouré. Je suis les liens que je tisse. Il faut organiser le monde pour que chacun puisse devenir une personne. Or nous en sommes loin ! »

    III La phrase

    « Il y a des choses qu’il vaudrait mieux ne pas faire » Albert Einstein.

    Cette phrase a été prononcée peu après l’explosion d’Hiroshima. Les physiciens ont constaté alors qu’une science dont on est fier, peut provoquer des désastres invraisemblables. Mais après la bombe atomique et ses destructions, il y a les dangers des biologistes et des manipulations génétiques. L’aventure humaine a consisté depuis le début à se donner de plus en plus de pouvoir. Avec la découverte du code génétique, nous sommes arrivés à un tournant. De nombreuses situations nouvelles peuvent réduire l’homme a à un objet.

    Par exemple, si on peut connaître et divulguer l’avenir génétique des personnes que vont  dire l’employeur lors de l‘embauche, l’assureur…  Qui va décider ? Il faut aussi stopper le commerce des organes où les plus pauvres vendent des parties de leur corps au plus riches !  Le diagnostic préimplantatoire, par exemple, permet d’écarter les embryons ayant la maladie de Tay-Sachs. Mais qu’en sera-t-il si ce diagnostic annonce un enfant qui aura la maladie d’Alzheimer à 60 ans ? Faudra-t-il éliminer ces enfants ? Puisque nous auront le choix, faut-il arrêter de soigner les retraités parce que cela n’est plus rentable ? Il faut retirer tous les problèmes de santé de la logique économique. Nous semblons nous diriger vers un avenir monstrueux.

    Pour éviter les dangers, il faut, après avoir introduit une démocratie de gestion, instaurer une démocratie de l’éthique. Il faut en effet savoir dire non quand on côtoie des choses inacceptables et décider ensemble de notre avenir.

    IV Le symbole

    Une pierre qui contient l’empreinte d’une fougère.

    Il aurait pu prendre la main de Pech Merle. Elle indique la possibilité de se survivre. Le monde se souvient de tous les événements qui ont lieu dans son histoire.

    Pourquoi une pierre lui fait-elle penser à la vie humaine : parce qu’il n’y a pas de frontières entre l’inanimé et le vivant. Mais il a beaucoup de différences quant aux performances dont nous sommes capables.

    En découvrant l’amour, nous tissons des liens et nous construisons notre interdépendance, nous sommes responsables  de Dieu ! Il n’y a pas besoin de Dieu. D’ailleurs le Dieu jaloux, tout puissant et vengeur est mort avec Jésus-Christ comme l’a dit le dominicain Carbonel. (« Dieu est mort en Jésus-Christ »)

    V Le pari

    Demain dépend de nous.

    Nous sommes responsables de ce qui va arriver. Or nous courons dans la pire des directions. Nous poussons la compétition, la destruction des uns par les autres. Si je suis en compétition avec l’autre, je ne tisse plus de lien, par conséquent je suis en train de ma suicider. Il faut extirper la notion de compétition de toute la société.  « Il faut dire : tu vas te construire avec l’aide des autres, et pas tu vas être meilleur que les autres. »

    Autre défi : l’augmentation de la population. Son souci est toujours ce nombre de 11 milliards que nous allons atteindre. Pour s’y apprêter, nous devons consommer moins pour qu’il y ait de la place pour les futures générations. Il faut être égaux dans le partage des richesses de la terre. Pour aider à affronter la surpopulation, il faut absolument favoriser l’éducation des filles.

    L’avenir est donc une question de partage. Et Dieu dans tout cela ? « Si l’homme construit l’amour, il construit Dieu. Il n’y a pas besoin de chercher plus loin ».

     

    Peut-être ces quelques idées vous donneront-elles l’envie de
    revoir cette émission.