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  • Synode

     Bilan du pape François 

     

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    En conclusion du Synode extraordinaire sur les défis pastoraux de la famille, sans rien cacher des difficultés vécues durant ces deux semaines de débats, le Pape François a tiré un bilan positif de cette expérience synodale, vécue dans une liberté de parole inédite.

    « Avec un esprit de collégialité et de synodalité, nous avons vécu vraiment une expérience de Synode, un parcours solidaire, un chemin ensemble. Comme dans chaque chemin, il y a eu des moments de course rapide, quasiment à vouloir vaincre le temps et arriver le plus vite possible au milieu, et des moments de fatigue (…), d’autres moments d’enthousiasme et d’ardeur. Il y a eu des moments de profonde consolation, en écoutant le témoignage des vrais pasteurs qui portent sagement dans le cœur les joies et les larmes de leurs fidèles. Des moments de consolation et de grâce en écoutant les témoignages des familles qui ont participé au Synode et ont partagé avec nous la beauté et la joie de leur vie maritale. (…) Et puisque c’est un chemin d’hommes, avec les consolations il y a eu aussi d’autres moments de désolation, de tensions et de tentations. »

    Cinq tentations à éviter

    Le pape François a alors énoncé une série de tentations qu’il a pu percevoir en écoutant les pères synodaux. Première tentation : « La tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire de vouloir s’enfermer dans la lettre(…), à l’intérieur de la loi, dans la certitude de ce que nous connaissons et non de ce que devons encore apprendre et atteindre. Du temps de Jésus, c’est la tentation des zélotes, des scrupuleux, des empressés et aujourd’hui de ceux qu’on appelle aujourd’hui des « traditionnalistes » ou aussi des « intellectualistes ». »

    Deuxième tentation : « La tentation d’un angélisme destructeur, qui au nom d’une miséricorde traîtressse met un pansement sur les blessures sans d’abord les soigner, qui traite les symptômes et non les causes et les racines. C’est la tentation des timorés, et aussi de ceux qu’on nomme les progressistes et les libéraux. »

    Troisième tentation : « La tentation de transformer la pierre en pain pour rompre un long jeûne, pesant et douloureux (Lc 4, 1-4) et aussi de transformer le pain en pierre et la jeter contre les –pécheurs, les faibles, les malades (Jn 8,7) c’est-à-dire de les transformer en fardeau insupportable (Lc 10, 27). »

    Quatrième tentation : « La tentation de descendre de la Croix, pour contenter les gens, de ne pas rester à accomplir la volonté du Père, de se plier à l’esprit mondain au lieu de le purifier et de le plier à l’Esprit de Dieu. »

    Cinquième tentation : « La tentation de négliger le depositum fidei (ndlr : le dépôt de la foi) en se considérant non comme les gardiens mais les propriétaires et les maîtres ou, de l’autre part, la tentation de négliger la réalité en utilisant une langue minutieuse et un langage pour dire tant de choses et ne rien dire. Nous appelons « bizantinisme » je crois, ces choses. »

    Ne pas discuter les fondamentaux du mariage

    Mais le pape François a répété que ces tentations et ces contradictions étaient naturelles : « Les tentations ne doivent ni nous effrayer ni nous déconcerter et encore moins nous décourager, parce qu’aucun disciple n’est plus grand que son maitre. Donc si Jésus a été tenté, ses disciples ne doivent pas s’attendre à un traitement meilleur. Personnellement j’aurai été très préoccupé et attristé s’il n’y avait pas eu ces tentations et ces discussions animées, ces mouvements de l’esprit, comme les appelait Saint-Ignace-de-Loyola, si tous étaient d’accord ou taciturnes dans une fausse et quiétiste paix. Au lieu de cela, j’ai vu et j’ai écouté, avec joie et reconnaissance, des discours et des interventions pleines de foi, de zèle pastoral et doctrinal, de sagesse, de franchise, de courage, et de « parresia ». (…) Et ceci toujours, je l’ai dit ici dans l’Aula, sans mettre en discussion les vérités fondamentales du sacrement du mariage : l’indissolubilité, l’unité, la fidélité et la procréativité, l’ouverture à la vie. »

    Ainsi le souverain pontife a considéré que cette expérience synodale représentait une véritable expérience d’Église. « Ceci est l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique et composée des pècheurs, qui ont besoin de sa miséricorde. Ceci est l’Église, la vraie épouse du Christ, qui cherche à être fidèle à son époux et à sa doctrine. C’est l’Église qui n’a pas peur de manger et de boire avec les prostituées et les publicains, l’Église qui a les portes grandes ouvertes pour recevoir ceux qui sont dans le besoin, les repentis et pas seulement les justes ou ceux qui croient être parfaits ! »

    L’Esprit Saint, garant de l’unité

    Il a fait allusion aux échos médiatiques suscités par les discussions synodales : «Tant de commentateurs, ou de gens qui parlent, ont imaginé de voir une Eglise en conflit où une partie contre l’autre, en doutant même de l’Esprit Saint, le vrai promoteur et garant de l’unité et de l’harmonie dans l’Église. L’Esprit Saint qui au long de l’Histoire a toujours mené la barque, à travers ses ministres, aussi quand la mer était contraire et agitée et les ministres infidèles et pécheurs. Et comme je vous l’ai dit au début du Synode, c’était nécessaire de vivre tout cela avec tranquillité, avec paix intérieure aussi parce que le Synode se déroule cum Petro et sub Petro et que la présence du pape est garantie pour tous. »

    « Parlons un peu du pape, maintenant, en relation avec les évêques », a lancé François, suscitant des rires parmi les pères synodaux. « Donc, le devoir du Pape est celui de garantir l’unité de l’Église. Et celui de rappeler aux fidèles leur devoir de suivre fidèlement l’Évangile du Christ, et celui de rappeler aux pasteurs que leur premier devoir est de nourrir le troupeau que le Seigneur leur a confié et de chercher à accueillir avec paternité et miséricorde et sans fausse peur les brebis égarées. »

    « Nous avons encore un an pour mûrir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes à tant de difficultés et d’innombrables défis que les familles doivent affronter, à donner des réponses à tant de découragements qui entourent et étouffent les familles. » Et le Pape a précisé que la « Relatio Synodi » votée ce samedi après-midi servirait de « Lineamenta », donc de fil rouge pour la réflexion des conférences épiscopales dans la perspective du Synode de 2015.

    Radio Vatican

     Lu dans Info.Catho

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    L’invention de l’homme et de la femme

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    Le rosaire de Jean-Paul II

    Lors de l’année du Rosaire, octobre 2002 – octobre 2003 , Jean-Paul II a présenté une quatrième série de mystères au rosaire : les mystères lumineux.

    « Afin de donner une consistance nettement plus christologique au Rosaire, il me semble toutefois qu'un ajout serait opportun; tout en le laissant à la libre appréciation des personnes et des communautés, cela pourrait permettre de prendre en compte également les mystères de la vie publique du Christ entre le Baptême et la Passion. Car c'est dans l'espace de ces mystères que nous contemplons des aspects importants de la personne du Christ en tant que révélateur définitif de Dieu. Proclamé Fils bien-aimé du Père lors du Baptême dans le Jourdain, il est Celui qui annonce la venue du Royaume, en témoigne par ses œuvres, en proclame les exigences. C'est tout au long des années de sa vie publique que le mystère du Christ se révèle à un titre spécial comme mystère de lumière : « Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde (Jn 9,5) » . (Jean Paul II, L A. Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002 )

    Comme je ne prie guère le chapelet en commun, mais plutôt en privé en suivant les conseils de saint Ignace de Loyola (Celui-ci est d’ailleurs cité dans la lettre au n° 29 L’énonciation du mystère). J’en ai seulement eu connaissance en 2010. La lettre laisse d’ailleurs, à chacun et à chaque communauté, le choix de suivre ou de ne pas suivre cet aspect personnel, et peut-être aussi œcuménique,  que Jean-Paul II a donné à sa prière à Marie (lettre au n° 19).

    Et personnellement je ne l’ai pas suivi. Dans la vie de Marie, les mystères joyeux sont suffisants pour y rendre présent l’évangile. Le quatrième mystère propose en méditation la présentation de Jésus au temple et la vie à Nazareth, elle représente toute la vie cachée que Jésus a passé avec Marie dans le peuple choisi. Le cinquième nous montre Jésus retrouvé au temple et représente toute la vie publique telle qu’elle se présente devant Marie : il s’agit d’une dépossession, ce fils ne lui appartient pas, il vient d’ailleurs, il n’est pas né de la chair ! La proximité de Marie et les mystères qu’elle a rencontrés, sont donc complètement décrits par ces 15 mystères.

    Et pourtant, j’ai été amené à ajouter des méditations au chapelet.

    Les mystères du samedi

    Cela est venu naturellement dans le développement de la semaine. Les dimanches et mercredi sont consacrés aux mystères glorieux, les lundis et jeudis aux mystères joyeux, les mardis et vendredis aux mystères douloureux. Il restait un jour, le samedi, ou la méditation était libre. C’est le jour où Dieu s’est reposé de tout ce qu’il avait fait en trouvant que c’était bon, c’est le jour où Jésus s’est reposé de la Passion avant de remonter après du Père, le fameux mystère du samedi saint, dirait Adrienne von Speyr. Ce mystère qui fait évidemment partie de la vie de Marie, n’était pas abordé les autres jours. Il m’a donc semblé naturel de méditer sur la création et petit à petit ma prière s’est attachée ce jour-là à l’invention de l’homme et de la femme qui est l’expression la plus personnelle de la création. En effet, Marie n’est pas tombée du ciel comme « Deus ex machina ». Il y a un “avant Marie”, il y a une source cachée d’où Marie est issue. Le samedi est propice pour s’adonner à cette recherche.

     

    Les mystères de l’invention de l’homme et de la femme

    Voici les cinq points qui ont attiré mon attention.

    Le premier point est la création de l’homme et de la femme « il les fit à son image, il les fit homme et femme » et « l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et ils seront une seule chair ».

    Le deuxième point est l’expression de la liberté et de l’autonomie de cette créature qui est si richement dotée par Dieu qu’elle pense pouvoir s’en passer, c’est le péché originel, « mysterium iniquitatis ». On peut remarquer que cette autonomie n’a pas été retirée par Dieu après la faute. On pourrait dire que la conséquence  de l’autonomie est qu’un aboutissement final n’est plus à sa portée.

    Le troisième point est la naissance de Jésus. Marie lui donne la chair de l’homme. Situation paradoxale qui manifeste que Dieu veut recevoir un présent de l’homme. Dans son Fils, qui reçoit tout, Dieu reçoit notre chair. Mais qui donc a fait cette chair, sinon Dieu lui-même ! Ce n’est donc pas de l’homme que vient ce présent mais du Père qui par la création  a constitué cette chair pour son Fils. Dans cette naissance, c’est de la femme qu’est tiré un homme, situation inverse du récit de la création.

    Le quatrième point est l’immaculée conception. Marie est soustraite aux conséquences  de ce péché et monte au ciel avec son corps. Tout se passe comme si, dans la pensée de Dieu, la vie de Marie avait été conçue avant ce premier péché et n’en a pas subi les conséquences. Par son Fiat, elle utilise son autonomie pour s’attacher à Dieu. Le récit de la création fait d’ailleurs une allusion à cette femme qui écrasera la tête du serpent.

    Le cinquième point est le couronnement de la Vierge au ciel. Elle devient la reine, ce qui veut dire l’épouse du roi, n’étant avec lui plus qu’un seul esprit. Dans la vie de l’Esprit, elle est donc, à notre grand étonnement et admiration, l’épouse du Fils. Il semble que, derrière la création du premier homme d’où on tire une femme, nous pouvons imaginer la création du Royaume, le corps du Fils, d’où est sortie la femme, l’humanité, destinée à être la compagne du Fils vivant du même esprit !

    Ces cinq points, mystérieusement insondables, forment les cinq mystères que je mets devant mes yeux le samedi que j’ai appelés les mystères de l’invention de l’homme et de la femme. Ils donnent une grande proximité avec la Vierge, en même temps qu’un immense respect devant le mystère de la vie que Dieu nous donne. Je ne peux que suggérer à tous ceux qui s’y sentent attirés par se laisser glisser dans cette méditation en toute confiance. Tout particulièrement pendant que François préside le synode qui se réunit au sujet de la famille.

  • Synode - ouverture

    MESSE POUR L'OUVERTURE DU SYNODE DES ÉVÊQUES
    SUR LA FAMILLE

    HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

    Basilique vaticane
    Dimanche 5 octobre 2014

    Vidéo

      

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    Aujourd’hui, le prophète Isaïe et l’Évangile utilisent l’image de la vigne du Seigneur. La vigne du Seigneur est son “rêve”, le projet qu’il cultive avec tout son amour, comme un paysan prend soin de son vignoble. La vigne est une plante qui demande beaucoup de soin !

    Le “rêve” de Dieu c’est son peuple : il l’a planté et le cultive avec un amour patient et fidèle, pour qu’il devienne un peuple saint, un peuple qui porte beaucoup de fruits de justice.

    Mais, aussi bien dans la prophétie ancienne que dans la parabole de Jésus, le rêve de Dieu est déçu. Isaïe dit que la vigne, si aimée et soignée, « a produit de mauvais raisins » (5, 2.4), alors que Dieu « attendait le droit, et voici le crime ; il attendait la justice, et voici les cris» (v.7). Dans l’Évangile, au contraire, ce sont les paysans qui ruinent le projet du Seigneur : ils ne font pas leur travail, mais ils pensent à leurs intérêts.

    Jésus, dans sa parabole, s’adresse aux chefs des prêtres et aux anciens du peuple, c’est-à-dire aux “sages”, à la classe dirigeante. Dieu leur a confié de façon particulière son “rêve”, c’est-à-dire son peuple, pour qu’ils le cultivent, en prennent soin, le protègent des animaux sauvages. Voilà la tâche des chefs du peuple : cultiver la vigne avec liberté, créativité et ardeur.

    Jésus dit que pourtant ces paysans se sont emparés de la vigne ; par leur cupidité et leur orgueil, ils veulent faire d’elle ce qu’ils veulent, et ainsi ils ôtent à Dieu la possibilité de réaliser son rêve sur le peuple qu’il s’est choisi.

    La tentation de la cupidité est toujours présente. Nous la trouvons aussi dans la grande prophétie d’Ézéchiel sur les pasteurs (cf. ch. 34), commentée par saint Augustin dans son célèbre discours que nous venons de relire dans la Liturgie des Heures. Cupidité d’argent et de pouvoir. Et pour assouvir cette cupidité, les mauvais pasteurs chargent sur les épaules des gens des fardeaux insupportables qu’eux-mêmes ne déplacent pas même avec un doigt (cf. Mt 23, 4).

    Nous aussi, au Synode des Évêques, nous sommes appelés à travailler pour la vigne du Seigneur. Les Assemblées synodales ne servent pas à discuter d’idées belles et originales, ou à voir qui est le plus intelligent… Elles servent à cultiver et à mieux garder la vigne du Seigneur, pour coopérer à son “rêve”, à son projet d’amour sur son peuple. Dans ce cas, le Seigneur nous demande de prendre soin de la famille, qui depuis les origines est partie intégrante de son dessein d’amour pour l’humanité.

    Nous sommes tous pécheurs et à nous aussi, peut arriver la tentation de “nous emparer” de la vigne, à cause de la cupidité qui ne nous manque jamais à nous, êtres humains. Le rêve de Dieu se heurte toujours à l’hypocrisie de quelques-uns de ses serviteurs. Nous pouvons “décevoir” le rêve de Dieu si nous ne nous laissons pas guider par l’Esprit Saint. Que l’Esprit nous donne la sagesse qui va au-delà de la science, pour travailler généreusement avec vraie liberté et humble créativité.

    Frères Synodaux, pour cultiver et bien garder la vigne, il faut que nos cœurs et nos esprits soient gardés en Jésus Christ dans la « paix qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir », (Ph 4,7). Ainsi nos pensées et nos projets seront conformes au rêve de Dieu : se former un peuple saint qui lui appartienne et qui produise des fruits du Royaume de Dieu (cf. Mt 21, 43).

     

     

    Cela vaut la peine de recopier ce texte du site du Vatican.